Marisol Touraine souhaite « un régime maladie universel »

"J'ai décidé d'engager une réflexion, qui pourrait déboucher, à terme, sur un régime maladie universel", a annoncé hier la ministre de la Santé, lors d'un discours consacré au 70e anniversaire de la Sécurité sociale, rapportent Les Echos (page 3). "Chacun est couvert contre le risque maladie, mais il est parfois compliqué de faire valoir ses droits", a poursuivi Marisol Touraine, citée dans Le Figaro-économie (page 20). Chaque changement de statut (déménagement, entrée dans la vie active, chômage…) peut en effet créer des "trous" dans la couverture maladie.

Pour la ministre, l'idée est qu'une "caisse d'assurance maladie reste l'interlocuteur" de l'assuré "tout au long de sa vie", "quel que soit son lieu de résidence", et "par-delà les changements qu'il peut être amené à rencontrer", explique Le Figaro-économie.

Est-ce un premier pas vers un régime d'assurance maladie unique ? s'interroge le supplément économique du Figaro (page 20). "Ce n'est pas à l'ordre du jour", assure Marisol Touraine qui souhaite "conserver la pluralité des régimes". Elle a toutefois cité l'exemple de la Sécurité sociale étudiante, qui pourrait être adossée au régime général, soulignent Les Echos (page 3).

"Cette réforme pourrait aussi passer par la création d'un compte unique pour les dépenses et les recettes de l'assu­rance maladie, sur le modèle de la centralisation de la branche famille autour de la Cnaf, estime le quotidien économique. Seules les indemnités journalières seraient gérées séparément par chaque régime (salariés, agriculteurs, fonctionnaires). Cette intégration financière ne créerait pas de caisse unique."

L'autre chantier concerne le financement de la Sécu. "Exonération de cotisations et compensation", "place des mutuelles", "financement par l'impôt", "beaucoup de questions se posent", a énuméré Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget, dans son discours sur les 70 ans de la Sécu. Pour alimenter sa réflexion, le gouvernement compte notamment sur les travaux du Haut Conseil pour le financement de la protection sociale.

A lire aussi – Coup de scalpel sur les 35 heures à l'hôpital

Les négociations commencent aujourd'hui sur la réorganisation du temps de travail dans les 37 établissements composant l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), annonce Le Parisien/Aujourd'hui (pages 1 à 3). Elles doivent s'achever le 18 juin, et la nouvelle organisation du travail prendra effet en janvier 2016.

L'AP-HP entend économiser l'équivalent de 4.000 emplois sur quatre ans, via un réaménagement des 35 heures. Un appel à la grève pour le 21 mai a été déposé par la CGT, Sud et FO, qui représentent 68 % du personnel, précise Le Parisien. Selon le DRH de l'AP-HP, Gérard Cotellon, "l'objectif est à la fois d'améliorer le service au patient et la qualité de vie au travail des personnels, à travers notamment, des plannings plus stables".

En 2002, l'accord sur les RTT avait été amendé à la hausse dans chacun des 37 établissements de l'AP-HP, rappelle le quotidien. Résultat : certains agents bénéficient jusqu'à quatre semaines de RTT qu'ils stockent sur des comptes épargne-temps, faute de pouvoir les prendre. Près d'un million de jours sont ainsi cumulés ! Le directeur général, Martin Hirsch souhaite mettre fin à cette inflation. De son côté, la Fédération hospitalière de France (FHF) réclame aussi une réforme des 35 heures.

John Sutton

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