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Maladies environnementales : 12% à 25% de la population serait touchée

Hypersensibilité chimique multiple, électrohypersensibilité, fibromyalgie : les maladies environnementales toucheraient 12% à 25% de la population. Pas reconnues, elles handicapent la vie quotidienne des malades. Fort de ce constat, le Réseau environnement santé a organisé le 21 avril un colloque intitulé : "Maladies de l’hypersensibilité : quelles causes environnementales ? Du déni à l’action".

"La moindre odeur de parfum me rend malade et provoque des nausées, des maux de tête, une grande fatigue. Au quotidien, c’est un calvaire, puisque je travaille essentiellement avec des femmes", témoigne Martine, 55 ans, lors d'un colloque organisé le 21 avril par le Réseau environnement santé. Intitulé "Maladies de l’hypersensibilité : quelles causes environnementales ? Du déni à l’action", cette manifestation s'est tenue au siège de la Mutualité Française à Paris.

Toute vie sociale et professionnelle devient compliquée
Comment se manifestent ces maladies ? L’hypersensibilité chimique multiple, l’électrohypersensibilité (HES) et la fibromyalgie (douleurs articulaires, fatigue, troubles du sommeil) se traduisent par divers symptômes : une très grande fatigue, des maux de tête, des difficultés respiratoires, des troubles neurologiques, des douleurs musculaires et articulaires, etc. La personne souffre également de problèmes de concentration et de mémorisation, de troubles sensoriels. Ces symptômes sont d’une intensité variable selon les patients.

Une forte exposition à une substance chimique ou à un champ magnétique, par exemple, est un vecteur de la "contamination". Les troubles sont réactivés lorsque le malade se trouve en présence de substances chimiques ou d’ondes de téléphones portables, ou WiFi (accès à Internet sans fil), même à de très faibles niveaux. En conséquence, toute vie sociale et professionnelle devient compliquée. "Vivre avec cela mène fatalement à la dépression", explique Martine.

Un nombre incalculable de produits de la vie quotidienne
Les substances concernées sont contenues dans les parfums et produits parfumés, comme les produits d’entretien, les lessives, les assouplissants, les cosmétiques, les désodorisants, mais aussi les pesticides, les insecticides, l’encens, ou encore les matériaux de construction, les encres, les peintures.

Elles se trouvent "de façon générale, dans tout ce qui contient des solvants, c’est-à-dire un nombre incalculable de produits que nous utilisons dans la vie quotidienne", explique l’association de patients SOS MCS (Multiple Chemical Sensivity). C’est pourquoi les participants au colloque du 21 avril étaient priés "d’éviter le parfum et le gel dans les cheveux".

Ces troubles sont méconnus des médecins et les patients sont confrontés à l’errance médicale. "J’ai vu des neurologues, allergologues, gastro-entérologues, homéopathes", raconte Martine. L’ignorance de ces pathologies peut être dangereuse. Ainsi, pour l’association SOS MCS, "il est urgent que les médecins apprennent à diagnostiquer cette pathologie, car des médicaments prescrits peuvent s’avérer dangereux". Ainsi, le test qui permet de diagnostiquer l’asthme utilise un produit qui est "un poison violent pour les personnes atteintes de MCS".

Des maladies non reconnues
Ces pathologies toucheraient entre 12% à 25% de la population, dont 3,5% de façon très sévère, indique l’association SOS MCS. Elles atteignent des personnes de tous âges (de 28 à 73 ans) et de tous milieux professionnels, avec une répartition égale entre les électrosensibles et les hypersensibilités chimiques. Autre constat : il existe une corrélation entre ces deux pathologies, puisque le déclenchement de l’une est suivi du déclenchement de l’autre.

Jusqu’à présent, les patients ne parviennent pas à faire reconnaître leur maladie, ne sont pas ou tardivement diagnostiqués, ni traités. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et quelques pays comme le Canada, la Suède et l’Allemagne reconnaissent pourtant ces pathologies.

Milène Leroy