Maladie : ralentissement du déficit en 2011

Pour 2011, le déficit de l’assurance maladie est inférieur aux prévisions. Dans un entretien qu’il accorde aux Echos (page 4), le directeur de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), Frédéric van Roekeghem, indique que ce déficit a été à 8,6 milliards en 2011, soit 3 milliards de moins que l’année précédente.

Selon le quotidien économique, ce résultat a été en grande partie motivé par la crise, obligeant le gouvernement "à relever les prélèvements qui financent l’assurance maladie, tout en réduisant la progression des dépenses à un rythme plus faible que jamais".

Dans le détail, explique le directeur de la Cnam, "nous avons dépensé 165 millions de moins sur nos coûts de gestion", notamment par la réduction des effectifs ou par la dématérialisation de certaines démarches. Les recettes, en particulier celles liées à la CSG, ont été "un peu meilleures que ce qui était programmé".

"Notre protection sociale est légèrement sous-financée, mais nous maîtrisons beaucoup mieux la dépense depuis plusieurs années", estime donc Frédéric van Roekeghem. Reste à savoir si, dans les années à venir, ce cap pourra être maintenu. Concernant l’objectif des dépenses, le directeur de l’assurance maladie estime qu’il devrait être "de nouveau respecté". Quant au déficit de l’année 2012, poursuit-il, il dépendra "principalement de la masse salariale sur laquelle sont assises les cotisations sociales et salariales".

La politique mise en œuvre par le prochain gouvernement devrait a priori déterminer un certain nombre de tendances. Cependant, font remarquer Les Echos, les programmes de deux favoris à la présidentielle "sont étonnamment proches". En effet, Nicolas Sarkozy propose de limiter la progression des dépenses d’assurance maladie à 2,5 % par an et François Hollande à 3 %. Une croissance si faible a rarement été observée, relève le quotidien, sinon en 1997 et 1999, sous les gouvernements de Lionel Jospin et en 2010 et 2011, sous celui de François Fillon.

Pour parvenir à un tel objectif, l’actuel chef de l’Etat a annoncé 13 milliards d’euros d’économies sur la période 2013-2016, basées essentiellement sur la gestion, la baisse des prix des médicaments ou encore de certains actes de médecine spécialisée.

Pour Frédéric van Roekeghem, ces deux programmes politiques traduisent "un consensus sur la nécessité de maîtriser la dépense de santé et de maintenir un haut niveau de protection sociale". En tout cas, résume-t-il, "l’équilibre est à notre portée, sans se lancer dans des réformes brutales". Dans un autre registre, Frédéric van Roekeghem est interrogé sur la finalisation des négociations avec les syndicats de dentistes et les complémentaires santé. "Nous espérons signer un avenant à la convention qui permettra de revaloriser la rémunération de la consultation des dentistes […]", répond le directeur de la Cnam, lequel reconnaît "qu’une réforme globale des soins dentaires prendra probablement plus de temps". Celle-ci, ajoute-t-il, devra concilier une "bonne prise en charge par l’assurance maladie obligatoire des soins conservateurs" et les moyens "de limiter les excès et de modérer les tarifs" des soins prothétiques.

Préjugés sur le vieillissement
Après six mois de débats organisés par le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin (Paris) autour du thème "Quelle médecine pour quelle vieillesse ?", un jury rendra publiques ses recommandations, aujourd’hui, à 19 heures, à l’Hôtel de ville de Paris.

Ce jury est composé de plusieurs personnalités, parmi lesquelles Etienne Caniard, président de la Mutualité Française, une aide-soignante, un gériatre, un philosophe, une ancienne directrice des hôpitaux de Paris, signale Libération (pages 14 et 15).

Plusieurs observations se dégagent au terme de ce cycle de rencontres. Elles soulignent un certain nombre d’idées fausses sur les personnes âgées. Ainsi, rares sont les plus de 75 ans "qui anticipent leur mort", souligne le quotidien. La majorité montre, au contraire, "une envie très forte : celle de vivre". Autres constats : les "vieux parlent peu" et ont tendance à se replier sur soi. D’où une propension de l’entourage à parler à leur place, ce qui pourrait être évité. Enfin, indique Libération, le vieillissement est régulièrement tenu pour responsable de l’"implosion des comptes sociaux". Or, selon l’économiste Jean de Kervasdoué, "les coûts de santé induits par le vieillissement ne sont pas si lourds", notamment grâce aux solidarités individuelles et familiales qui "font beaucoup plus qu’on ne le pense".

Pour le président de la Mutualité Française, les normes, omniprésentes dans la prise en charge des personnes âgées, devraient "être soumises régulièrement à un regard critique". Pour Etienne Caniard, "les mesures de protection ont souvent un but, davantage inspiré par des considérations économiques que par la protection de la personne".

Frédéric Lavignette