Lutte contre l’obésité infantile : Roselyne Bachelot présente des mesures de poids

Hier, se satisfait L’Humanité (page 10), la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a présenté de nouvelles mesures pour lutter contre l’obésité, cette pathologie étant "désormais massivement installée dans les jeunes générations". Selon ce quotidien, deux millions de personnes seraient concernées par ce phénomène en France, soit 18% des enfants "avec, pour premières conséquences, l’apparition de nouvelles maladies comme le diabète ou des problèmes d’articulation".

Pour répondre à l’insistante demande des associations qui composent le collectif "Obésité : protégeons nos enfants", quatre mesures ont été dévoilées par la ministre. D’après Le Figaro (page 13), son objectif est d’"inciter les industriels de l’agroalimentaire à arrêter de faire la promotion des boissons et des aliments trop gras ou trop sucrés".

Pour ce faire, Roselyne Bachelot prévoit notamment d’organiser au début du mois de mars une réunion de concertation sur la publicité télévisée. Le gouvernement souhaite la disparition pure et simple des spots pour certains produits "pendant les tranches destinées aux enfants d’ici avril", souligne La Tribune (page 31).

Pour y parvenir, la ministre de la Santé compte sur "l’auto-discipline" des différents acteurs du secteur, souligne-t-elle dans Le Figaro. "En cas d’échec de cette phase volontariste, qui sera évaluée en mai, je proposerai des mesures législatives d’interdiction", prévient-elle.

Les industriels ont toutefois "anticipé cette demande", signale dans Les Echos (page 4) le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-René Buisson. Mais il se dit "beaucoup plus réservé" sur le souhait formulé par Roselyne Bachelot de retirer les confiseries devant les caisses de supermarché.

Cette autre mesure devrait entrer vigueur au mois de juin, après une réunion avec les industriels et les représentants de la distribution. Pour Olivier Andrault, chargé de mission à l’UFC-Que choisir, cette initiative est la bienvenue. "Tout le monde a été confronté aux confiseries glissées incidemment dans le chariot du supermarché par les enfants", explique-t-il dans Le Parisien/Aujourd’hui (page 16).

La ministre a également promis d’intervenir dans les cantines scolaires en rendant obligatoire dès la prochaine rentrée une circulaire sur les recommandations nutritionnelles datant de 2001. Cette circulaire, qui n’était pas appliquée car non obligatoire, définit entre autres certains taux de graisses à ne pas dépasser dans la viande servie aux enfants. En parallèle à ces mesures, un Observatoire de la qualité alimentaire (Oqali) doit prochainement être créé, a annoncé la ministre.

Les enseignants au rapport
Si les principales propositions du rapport Pochard sur les enseignants sont retenues par le ministre de l’Education, l’école risque d’être gérée "comme une entreprise avec des professeurs transformés en salariés comme les autres", annonce le journal Metro (pages 2 et 3).

En effet, ce document remis hier par le conseiller d’Etat Marcel Pochard à Xavier Darcos relève que "le régime des enseignants, établi au XXe siècle, ne correspond que très imparfaitement à leurs besoins du XXIe pour la réussite des élèves", souligne Le Parisien/Aujourd’hui (page 15).

Pour l’adapter à ce siècle, des pistes de transformations sont annoncées, énumère Le Figaro (page 11) : "Améliorer la situation matérielle et les carrières, donner plus d’autonomie pour les établissements, faire évoluer les conditions d’enseignements et notamment les horaires ainsi que le système de notation des enseignants." Il est également suggéré de développer des passerelles internes au système éducatif ou encore de développer la formation.

Selon les syndicats, indique Libération (page 18), "la plupart des propositions vont dans le sens d’une plus grande flexibilité, dans une logique jugée par trop libérale et gestionnaire". De son côté, relève La Croix (page 10), "si le groupe de travail n’évoque pas explicitement la rémunération au mérite annoncée par les journaux, il se demande comment mieux prendre en compte le mérite et préconise notamment des pratiques d’évaluation qui reposent sur les regards croisés des inspecteurs et chefs d’établissements". Le ministre se veut prudent et annonce l’ouverture de discussions avec les syndicats pour l’élaboration "avant l’été" d’un Livre blanc...

Frédéric Lavignette