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Lunettes : les préconisations de la Cour des comptes

L'optique est dans le collimateur de la Cour des comptes qui rend ce jour son rapport annuel sur la Sécurité sociale. Largement interrogé par la presse, le président de la Mutualité Française déplore que les Français consacrent à leur budget lunettes 50% de plus que leurs voisins européens". Pour Etienne Caniard, c'est notamment "l'absence de régulation de ce marché qui explique une telle différence".

L'optique, les hôpitaux et les laboratoires d'analyse sont dans le viseur de la Cour des comptes, qui présente aujourd'hui son rapport annuel sur la Sécurité sociale. "Prix des lunettes : stop aux abus", titre la "une" du Parisien/ Aujourd'hui, qui dénonce "la dérive d'un système qui nous coûte de plus en plus cher".

Aujourd'hui, "la Sécurité sociale ne rembourse que 3,6% des frais d'optique correctrice, l'Etat 1,4% pour les plus démunis, et les complémentaires 68%", a indiqué ce matin Etienne Caniard dans l'émission "Bourdin and co", sur RMC. "Les Français consacrent à leur budget optique 50% de plus que leurs voisins européens, l'absence de régulation de ce marché explique une telle différence", analyse le président de la Mutualité.

En outre, certains opticiens se livrent parfois à des pratiques douteuses. "Ils demandent à leurs clients le montant du remboursement de leur mutuelle, de façon à ajuster leur offre à ce taux de remboursement. Cela entraine une inflation des coûts", a-t-il déploré.

Autre facteur d'inflation des dépenses : le nombre croissant de magasins d'optique depuis une dizaine d'années, faisant de la France "la championne d'Europe, voire du monde" dans ce domaine. "On paie des magasins autant que des lunettes", a fait valoir Etienne Caniard sur RMC. En écho, le délégué général de la Mutualité Française, Jean-Martin Cohen Solal, a appelé ce matin toujours sur RMC à une "régulation" de cette offre "trop importante".

Pour réguler ce marché, la Cour des comptes préconise de plafonner "les remboursements et les fréquences de renouvellement des lunettes" par les organismes complémentaires, note Le Parisien/ Au­jourd'hui (page 2). Autre préconisation : permettre aux mutuelles de développer des réseaux de soins afin de peser sur les prix des lunettes. "La Mutualité Française, qui est le principal financeur en matière d'optique, souhaite parvenir à un accord avec les opticiens sur la qualité et le prix des lunettes vendues, dans le but de satisfaire les besoins des Français", a fait valoir son président hier au journal de 20 heures de TF1 et de LCI ainsi que sur Europe 1 et France Inter ce matin. Aujourd'hui, a-t-il rappelé, "deux millions d'entre eux renoncent à des soins d'optique chaque année" pour des raisons financières.

A terme, la Cour n'écarte pas l'hypothèse d'un désengagement total de l'assurance maladie. "Nous sommes pour notre part défavorables à tout désengagement de la Sécurité sociale", a réagi Etienne Caniard au micro de RMC. 

Trop de médicaments chez les plus de 80 ans
90% des personnes âgées de plus de 80 ans consomment en moyenne dix médicaments par jour, alors que rien ne le justifie médicalement, selon les résultats d'une enquête de l'Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, révélée par Libération (page 18). Cette étude sur "la consommation médicamenteuse des sujets âgés en France, en 2011", sera présentée prochainement au congrès de la Société française de gériatrie.

"Le nombre moyen de médicaments est de dix, le nombre de classes thérapeutiques moyen est de cinq", précise, dans le quotidien, le Pr Olivier Saint-Jean, chef de service à l'hôpital Georges-Pompidou, qui a coordonné ce travail. "Or, insiste-t-il, au-delà de trois à quatre molécules prises ensemble, on ne sait plus trop leur métabolisme, c'est-à-dire leur façon de réagir. Et, surtout, à partir de cinq médicaments, le risque d'accidents médicamenteux augmente considérablement."

Cette étude repose sur une analyse quantitative et qualitative des médicaments remboursés en 2011 par l'assurance maladie en fonction de l'âge, explique Libération. Celle-ci se fonde sur un échantillon de 594 317 personnes, représentatif à 97% de la population française (âge, sexe, morbidité). Sont collectés tous les médicaments prescrits et remboursés par la Sécurité sociale. "Grossièrement, nous assistons à un doublement de la consommation par rapport aux années 1990, conclut le Pr Saint-Jean. Et c'est difficile à combattre, tant les causes sont multiples."

Jean-Michel Molins et John Sutton