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Loi HPST : vers une version définitive ?

"Je le dis aux sénateurs : je crois que nous avons trouvé un bon équilibre, nous n'irons pas plus loin", a affirmé hier, à Nancy, le chef de l'Etat à propos du projet de loi sur la réforme de l'hôpital, quelques heures avant son examen au Sénat. Le Figaro-économie (page 20) estime que "Nicokas Sarkozy a été clair. Le gouvernement ne soutiendra plus de modification. A l'exception des amendements déjà annoncés, c'est la version mise au point par la commission des Affaires sociales du Sénat que le président souhaite voir adoptée".

Nicolas Sarkozy a résumé la répartition des rôles à l'hôpital : aux médecins le projet médical, au directeur la gestion de l'établissement. Pourquoi le directeur ? "Parce qu'un directeur rendra des comptes devant l'Agence régionale de santé. Mais nous avons fait du président des médecins le numéro deux de l'hôpital", a souligné le chef de l'Etat, cité dans Le Figaro-économie. "Le directeur sera aussi jugé sur sa capacité à animer une équipe. Un directeur en bagarre avec les médecins, ça ne peut pas marcher !", a prévenu Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy s'est également exprimé brièvement sur les déserts médicaux : "Si le système ne se régule pas de lui-même, un jour, les pouvoirs publics devront intervenir." "On l'a connu au début de sa présidence plus offensif sur la liberté d'installation des médecins libéraux", commente le journaliste Olivier Auguste, dans Le Figaro-économie.

Avant ses déclarations sur la réforme, le président a visité au pas de charge quelques services du CHU de Nancy. Un imposant dispositif policier maintenait à distance du cortège présidentiel le millier de manifestants venus protester contre la réforme hospitalière, observe L'Humanité (page 3).

Quelques heures plus tard, à Paris, les sénateurs examinaient, dans un climat particulièrement houleux, le projet de loi HPST. La ministre de la Santé a été rapidement mise en minorité, les sénateurs lui ont imposé de bouleverser l'ordre d'examen du texte, en commençant par les amendements sur l'organisation des hôpitaux et la création des ARS, laissant les questions de l'accès aux soins et de la santé publique pour la fin du débat. "Roselyne Bachelot est restée de marbre. Bon soldat, elle n'aura manifesté aucun geste de mauvaise humeur sur cette drôle de gestion par l'Elysée de son projet de loi", observe ironiquement Libération (page 13). "Le changement est pourtant significatif : le mois dernier, à l'Assemblée, elle avait insisté sur la nécessité de donner un patron à l'hôpital, hier elle a surtout évoqué le rôle essentiel des médecins dans la nouvelle gouvernance", constate Eric Favereau

Partage des profits : tableau contrasté
Le rapport Cotis, qui sera remis aujourd'hui au chef de l'Etat, divise déjà les partenaires sociaux. Il conclut à une part "plutôt stable" des salaires dans la valeur ajoutée depuis vingt ans, mais aussi à un accroissement des inégalités salariales et à un quintuplement depuis 1993 des dividendes versés aux actionnaires. "La croissance des salaires nets depuis vingt ans est extrêmement faible", en raison de la faible croissance économique, de l'impact accru des cotisations sociales et de la montée des emplois précaires, note aussi le texte (Les Echos, page 3). S'ils trouvent le rapport du directeur général de l'Insee "utile" et "intéressant", les syndicats et le patronat divergent sur les conclusions, souligne Libération (pages 18 et 19). Le Medef, qui veut absolument éviter toute négociation nationale sur le partage des profits et encore plus un projet de loi sur le sujet, insiste sur la stabilité de la répartition salaire-profit. A l'opposé, les syndicats y voient la confirmation de la montée des inégalités, défavorable aux salariés, et d'une mutation de l'économie vers le capitalisme financier. Nicolas Sarkozy a demandé aux partenaires sociaux de négocier, sous peine de légiférer. Les premières discussions devraient avoir lieu le 27 mai, annoncent Les Echos.

John Sutton