Loi Fourcade : « Un non-sens économique »

"Au lendemain de l’adoption en commission mixte paritaire de l’article 22 de la loi sur la santé publique, dite Fourcade, la colère et l’incompréhension règnent dans les rangs mutualistes", constate La Tribune dans son édition de vendredi (page 13). Certes, le législateur a permis aux mutuelles de moduler leurs remboursements selon que le praticien consulté par l’adhérent a passé, ou non, une convention avec elles. Mais seulement "à titre expérimental" et "pour une durée de trois ans", souligne le quotidien économique.

"On peut s’étonner que le législateur ait choisi un rétablissement du conventionnement aussi fragile, timide et contraignant", réagit le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, dans La Tribune de vendredi. Par ailleurs, le législateur a décidé que le conventionnement entre professionnels de santé et mutuelles serait régi par un décret. Ce qui n’est pas du goût de ces dernières, qui craignent de devoir négocier avec les syndicats professionnels, et non plus individuellement avec les professionnels de santé, note le quotidien économique.

"Nous négocierons le contenu du décret avec la direction de la Sécurité sociale, qui va tenir la plume", indique le président de la Mutualité Française. De plus, l’article 22 instaure l’ouverture des réseaux professionnels à tous les praticiens. Là encore, la Mutualité s’étonne : "L’interdiction des réseaux fermés est un non-sens économique. Si le conventionnement est ouvert à tous les professionnels, comment leur assurer un flux minimum de patients en contrepartie de leurs efforts en termes de tarifs ?" "Nous n’avons pas envie d’en rester là, ajoute Etienne Caniard. Nous allons regarder si un tel article n’est pas empreint d’anticonstitutionnalité. Puisque, fondamentalement, cela remet en cause la liberté de contractualiser."

Dans Le Monde du 14 juillet (page 12), le président de la Mutualité estime qu’avec l’adoption de l’article 22 "la défense de situations de rente l’a emporté sur l’intérêt général".

Les chutes, signes d’Alzheimer
Les chutes sont plus courantes chez les personnes qui présentent les premiers signes biologiques de la maladie d’Alzheimer, selon les résultats d’une enquête présentée hier à Paris, à l’occasion de la Conférence internationale de l’association Alzheimer, indique L’Humanité (page 7). "A notre connaissance, c’est la première étude à identifier le risque accru de chutes lié au diagnostic préclinique de la maladie d’Alzheimer", a déclaré sa responsable, la Dre Susan Stark, maître de conférences en ergothérapie et neurologie à la Washington University à Saint-Louis (Etats-Unis).

A partir d’examens d’imagerie cérébrale, réalisés sur 125 adultes âgés dépourvus de troubles de la mémoire et suivis pendant huit mois, les médecins sont parvenus à identifier un lien entre la présence de plaques amyloïdes, associées à cette pathologie, et l’augmentation du risque de chute. "Les résultats de cette étude illustrent le fait que, chez certaines personnes, les changements qui affectent la marche et l’équilibre peuvent survenir avant la détérioration des fonctions cognitives", a déclaré la Dre Maria Carrillo, directrice principale des relations médicales et scientifiques de l’association Alzheimer.

"Il va sans doute y avoir beaucoup de présentations de cet ordre, lors de ce congrès. Seule une évaluation à plus long terme, sur une série de patients plus importants, en confirmera ou pas l’intérêt", tempère, dans Le Figaro (page 9), la Pre Françoise Forette, présidente de la Fondation nationale de gérontologie.

Actuellement, le diagnostic de la maladie d’Alzheimer repose sur les signes cliniques et l’examen par scanner ou IRM, rappelle le quotidien. Lorsqu’un patient se plaint de troubles de la mémoire, l’interrogatoire permet au médecin de préciser s’il s’agit de troubles bénins, liés au stress, au manque de sommeil, à certains médicaments, ou encore de troubles normaux pour l’âge ou pas.

John Sutton