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Liste des 77 médicaments : les ratés de la transparence

"Confusion", "amalgame", "fourre-tout"... : voici quelques-uns des termes utilisés pour qualifier la liste de 77 "médicaments sous surveillance" rendue publique fin janvier par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Les critiques fusent de tous côtés, explique Le Monde (page 24) car "les Français ne savent plus à quel médicament se fier".

L’un des torts des autorités sanitaires, avance le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, est d’avoir publié une liste qui "n’est pas adaptée au grand public". "Elle n’a aucune finalité pédagogique, car elle rassemble des médicaments qui ont des degrés de dangero­sité très différents et ignore des médicaments qui doivent être administrés avec beaucoup de précaution", explique-t-il.

Conséquence : "Dans les pharmacies, les cabinets médicaux ou sur la Toile", chacun s’inquiète du traitement qu’il suit, affirme le quotidien. Pour répondre aux préoccupations des patients, poursuit Le Monde, "la ligne téléphonique de la Mutualité Française, Priorité santé mutualiste, a ouvert un service spécial médicaments et Mediator®, assailli d’appels".

Le trouble n’est pas que du côté des malades. Les médecins déplorent, pour leur part, de ne pas avoir été prévenus avant cette publication. Pour répondre à leurs critiques, indique le quotidien, "la direction générale de la Santé vient de publier un message, par le biais de son canal, DGS-urgent, destiné aux professionnels de santé, rappelant que cette liste visait à mieux informer, sans alarmer".

Cet épisode supplémentaire intervenant dans la foulée de l’affaire du Mediator® risque de transformer la peur du médicament en rejet, s’inquiète Le Monde. Selon un récent sondage, 35% des Français disent ne plus avoir confiance en leur médicament. Ce taux atteint même 43% chez les 50-64 ans, les plus grands consommateurs.

Du coup, la crainte des professionnels est de voir s’accroître "la non-observance" des prescriptions médicales. Pour la présidente du Conseil national de l’ordre des pharmaciens, Isabelle Adenot, certains patients vont même jusqu’à "se reporter" sur la médecine naturelle, "voire le charlatanisme, ou décalent leur traitement dans le temps".

Dépendance : la réforme en débat
"Est-il raisonnable de ne pas s’interroger sur le rôle que peuvent jouer les mutuelles, les compagnies d’assurances et les organismes de prévoyance ?" En clôture d’un colloque sur la dépendance, le président de la République a ouvert, hier, le débat sur le rôle que pourraient jouer les complémentaires dans la gestion de ce risque. Les Echos (page 3) en déduisent que "Nicolas Sarkozy souhaite donner une large place aux assurances privées". Des complémentaires qui, rappelle-t-on, ont des positions divergentes sur ce sujet, la Mutualité Française étant pour sa part attachée à une couverture universelle, dans le cadre d’un partenariat public-privé.

Selon Le Parisien/Aujourd’hui (page 9), le président de la République "semble pencher pour une solution mixte, associant les complémentaires santé et un système de prise en charge de la dépendance qui ferait appel aux principes d’universalité et de paritarisme, principes fondateurs de la Sécu".

L’insistance avec laquelle Nicolas Sarkozy évoque le financement de la dépendance n’est-elle pas exagérée, s’interroge Libération (pages 10 et 11) ? "Le besoin financier est-il si massif" ? Selon le quotidien, les chiffres ne sont pas "si dramatiques que certains l’avancent". En effet, "on estime que 1,2 million de personnes seront dépendantes en 2040, contre 800.000 actuellement, soit une hausse de 50%". Au PS, on estime qu’"on cherche à installer dans la société que l’on va vers des gouffres financiers. C’est faux et totalement exagéré. En tout cas, il est dangereux de ne poser la question de la dépendance qu’à travers son volet financier".

Ce sentiment est partagé par le président de la Mutualité Française, poursuit Libération. Lors des Etats généraux du renouveau, organisés fin janvier à Grenoble par le quotidien, Etienne Caniard avait, en effet, estimé qu’il y avait d’abord urgence "à faire un audit de tout ce qui existe à présent" avant de "se borner à un regard comptable".
Frédéric Lavignette