Les revenus de patrimoine et de placement financeront le RSA

Le revenu de solidarité active (RSA) sera financé par un prélèvement de 1% "sur les revenus de patrimoine (revenus fonciers...) et de placement (dividendes, assurance-vie,...)", annoncent Les Echos (page 3). Cette nouvelle taxe permettra de collecter 1,4 milliard d’euro et serait applicable aux revenus perçus en 2009. Les modalités de financement de ce dispositif devraient être annoncées demain, à Laval (Mayenne), par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Comme le souhaitait le haut-commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, le RSA sera "généralisé dès la mi-2009".

Le revenu de solidarité active vise à "inciter les bénéficiaires de minima sociaux à reprendre un travail, mais aussi à accroître le pouvoir d’achat des travailleurs pauvres occupant déjà un emploi", rappelle le quotidien économique. Concrètement, cette nouvelle prestation va remplacer le revenu minimum d’insertion (RMI), dont le montant est actuellement de 450 euros par mois. Il se substituera également à l’allocation pour parent isolé (API) et à la prime d’intéressement à la reprise d’emploi. Il sera également alloué aux bénéficiaires de minima sociaux "reprenant un emploi comme travailleurs pauvres", à temps partiel ou de manière précaire, précise le journaliste Etienne Lefebvre.

Le mode de calcul du RSA prévoit de garantir un réel gain à la personne à l’occasion de la reprise d’un emploi. Ainsi, outre l’équivalent de son ancienne allocation, elle percevra en sus un montant équivalent à 62% de son salaire. Autrement dit, pour une rémunération équivalente à la moitié du Smic (500 euros), le bénéficiaire percevra 450 euros (le montant du RMI) plus 310 euros (62% de son salaire), soit au total 760 euros. A noter que le seuil de pauvreté est actuellement situé, en France, à 880 euros par mois pour une personne seule.

"Des mesures d’accompagnement sont prévues dans les départements qui (...) s’inquiètent d’une éventuelle dérive des dépenses, comme ce fut le cas pour le RMI", relèvent Les Echos. Ainsi, les conseils généraux continueront de bénéficier des sommes allouées par l’Etat pour financer des actions d’insertion.

Les chiffres du chômage décortiqués
L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) présentera aujourd’hui son étude sur les personnes inactives qui souhaitent retravailler. Au nombre de 768.000, elles ne sont pas comptabilisées dans les chiffres du chômage. Cette étude, intitulée "Aux frontières de l’emploi, du chômage et de l’inactivité", recense trois types de situation, indiquent Les Echos (page 2). "Près de 200.000 se disent “empêchés” par des raisons indépendantes de leur volonté." Il s’agit, pour l’essentiel, de raisons familiales ou de santé, précise La Tribune (page 19). En outre, "50.000 sont qualifiés de travailleurs découragés", ajoute ce quotidien économique. Il s’agit surtout des plus de 50 ans. Enfin, "478.000 personnes souhaiteraient occuper un emploi, mais sont indisponibles dans un délai de deux semaines", poursuit La Tribune.

Dès lors, si le taux de chômage, au sens du Bureau international du travail (BIT), est au plus bas depuis vingt-cinq ans (8,3%), comme le note La Croix (page 2), il devrait se situer "au sens large, à 11,2% de la population active", précise La Tribune. La définition du BIT définit comme chômeurs les "actifs inoccupés, disponibles pour travailler dans les quinze jours et recherchant activement un emploi, ou en ayant trouvé un qui commence dans les trois mois", précise La Tribune.

Milène Leroy