Les retraités au secours de la dépendance

Comme le rapporte Le Pari­sien/Au­jourd'hui (page 9), le Premier ministre a assuré hier qu'en 2013 aucune hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) ou suppression de l'abattement de 10% n'est envisagée pour les retraités. C'est ce préconise un récent rapport de la Cour des comptes. Pour l'après 2013, les choses pourraient en revanche changer. En effet, indiquent Les Echos (page 3), Jean-Marc Ayrault a laissé entendre hier sur RTL "que les retraités seraient mis à contribution pour améliorer la prise en charge des personnes âgées dépendantes". Afin de mettre en œuvre la promesse de campagne de François Hollande, ces derniers pourraient donc être sollicités au nom de la "solidarité générationnelle".

L'augmentation de la CSG semble être le moyen le plus adapté pour favoriser ce financement. Actuellement, explique le quotidien économique, trois taux de CSG différents sont appliqués aux retraités. Le premier taux est nul pour les pensions de retraites les plus faibles. Pour les revenus intermédiaires, il est de 3,8%, et il atteint 6,6% chez les retraités soumis à l'impôt sur le revenu (à compter de 10.000 euros minimum d'impôts par an).

Si le gouvernement alignait ce dernier taux avec celui des actifs ( 7,5%), les caisses de l'Etat se rempliraient de 1,2 milliard d'euros. En contrepartie de cette recette, la somme restant à la charge des personnes âgées en établissement serait, par exemple, diminuée. Mais, "on n'en est pas là", ajoutent Les Echos. Toutefois, poursuit Le Figaro (page 19), "on voit mal […] comment le gouvernement" pourrait se passer d'une telle mesure. Avec la dégradation de l'économie, il est "plus que probable que le gouvernement utilisera cette arme lors de la ré­forme de la dépendance, début 2013", avance le quotidien.

La pression des généralistes
Dans un cahier de doléances adressé au gouvernement, les médecins généralistes du syndicat MG-France "exigent pas moins de 500 millions d'euros de hausse de leur enveloppe de leurs dépenses – donc de leurs revenus – au titre de l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (Ondam) pour 2013".

Pour cela, poursuit Le Figaro (page 19), le syndicat demande "une extension du mécanisme du médecin traitant aux moins de 16 ans, ainsi qu'une revalorisation du forfait afférent". Pour financer cette mesure, MG-France estime "que les mutuelles doivent mettre la main à la poche", note le journal sans plus de précisions.
Par ailleurs, ces professionnels de santé réclament une revalorisation du tarif de la consultation, "ou encore des aides afin d'embaucher des secrétaires". Pour justifier leurs demandes, les généralistes avancent qu'ils sont "très mal payés au regard des standards internationaux", d'autant que le système de conventionnement mis en place depuis 2005 tend à les défavoriser face aux spécialistes.

Mais ces derniers réclament également "leur part du gâteau de la hausse de l'Ondam", ajoute le journal. En effet, alors que se poursuivent les négociations sur les dépassements d'honoraires, les spécialistes "demandent une contrepartie à la baisse des dépassements d'honoraires".
Frédéric Lavignette