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Les réseaux de soins bientôt autorisés

Les mutuelles de santé "devraient bientôt avoir, enfin, le droit de mieux rembourser les utilisateurs de leurs réseaux de soins", annoncent Les Echos (page 25) à l'avant-veille de la seconde lecture de la proposition de loi dite Leroux à l'Assemblée nationale. L'adoption de ce texte, voté sans aucune modification la semaine dernière en commission des Affaires sociales, "ne devrait donc plus être, a priori, qu'une formalité".

Fortement discutée et contestée par certains syndicats d'opticiens et de dentistes, cette proposition vise à mettre sur un même niveau d'égalité toutes les complémentaires santé, explique le quotidien. Parce qu'elles sont soumises au Code de la Mutualité, les mutuelles ne peuvent actuellement pas pratiquer des remboursements différenciés contrairement aux institutions de prévoyance et aux sociétés d'assurances régies par d'autres codes. "Ce sujet pouvait être un frein pour celles qui voulaient proposer l'accès à un réseau à leurs adhérents", rappellent Les Echos.

Dans un entretien accordé à ce quotidien économique, le délégué général de Malakoff-Médéric, Guillaume Sarkozy, met en avant les avantages des réseaux de soins pour les adhérents. Et de citer Kalivia, le réseau créé avec Harmonie mutuelle, "dont les résultats sont probants". Grâce à ce réseau d'opticiens, 55% des assurés de Malakoff Médéric "paient leurs lunettes en moyenne 25% moins cher que les autres. Le reste à charge est même nul pour 44% d'entre eux".

En matière d'hospitalisation, poursuit Guillaume Sarkozy, un partenariat avec la Mutualité Française permet également aux adhérents de bénéficier de réductions de 10 à 20% sur le tarif de la chambre individuelle. Une remise particulièrement intéressante à l'heure où les hôpitaux et des cliniques tendent à proposer de plus en plus couramment ces chambres particulières "afin de dégager plus de recettes".

S'il est voté, le texte "donnera gain de cause au mouvement mutualiste sur l'essentiel", écrivent Les Echos, qui relèvent néanmoins que les restrictions introduites en juillet dernier par les sénateurs circonscrivent la possibilité de conventionner aux seuls chirurgiens-dentistes, aux opticiens et aux audioprothésistes. Il n'en sera pas de même pour les médecins, les kinés et toutes les professions de santé "où la prise en charge par la Sécurité sociale est majoritaire".

Optique : les députés favorisent la vente en ligne
L'Assemblée nationale a adopté hier soir le projet de loi dit Hamon sur la consommation. Dans ce cadre, plusieurs dispositions favorisent la vente en ligne de lunettes et de lentilles afin de faire baisser le prix de ces équipements. "L'impact que nous attendons de l'augmentation de ce commerce sur Internet, a expliqué le ministre de l'Economie sociale et solidaire et de la Consom­mation, Benoît Hamon, est de permettre de transférer 1 milliard d'euros au minimum de pouvoir d'achat aux consommateurs", rapporte Le Figaro (page 26).

Sur ce point la démarche ne semble pas inutile. En effet, écrit Libération (page 18), ces dernières années, les prix n'ont cessé d'augmenter, et pour acquérir une paire de lunettes, il faut désormais débourser 470 euros en moyenne. Une somme qui dissuade de plus en plus de Français à s'équiper : 3 millions de personnes selon le quotidien, qui précise que l'optique est devenue "le deuxième poste de renoncement aux soins".

Il faut dire, explique Parisien/Au­jourd'hui (page 11) dans un "Vrai-faux", que les lunettes sont bien plus chères en France que chez nos voisins européens. Le budget "lunettes" moyen pour un Français s'élève en effet à 75 euros par an (22 euros pour les montures, 53 euros pour les verres), tandis que celui d'un Allemand est de 62 euros et celui d'un Anglais 56 euros, indique Libération. En Italie, cette dépense s'élève à 34 euros, en en Espagne à 28 euros.

Autre caractéristique du marché français : alors que certains sont contraints de se passer de lunettes, d'autres seraient "suréquipés", "d'où des dépenses qui explosent", note Le Parisien/Aujourd'hui. Souvent, explique le délégué général de la Mutualité Française, Jean-Martin Cohen Solal, on propose aux gens "des équipements trop sophistiqués par rapport à leurs besoins. Il y a aussi un renouvellement plus fréquent en France qu'ailleurs", ajoute-t-il. Au-delà du prix des équipements, Jean-Martin Cohen Solal met toutefois en garde contre le problème de la qualité des soins lié à la vente de lunettes sur Internet. "Il faut différencier les besoins médicaux des patients. Pour les enfants et les personnes qui ont une correction importante, il n'y a pas que l'écart pupillaire qui doit être mesuré. Il est préférable de continuer à aller en magasin."

Frédéric Lavignette