Les priorités de Nicolas Sarkozy pour le système de santé

Le président de la République a présenté hier à Bletterans (Jura), ses priorités pour le système de santé, mais "sans toutefois citer de fortes mesures d’économies, ni de nouvelles ressources", estime La Tribune (page 22). Evoquant le tissu hospitalier, Nicolas Sarkozy a estimé que "l’hôpital doit se réorganiser pour privilégier les soins de premiers recours et donner corps à de véritables filières de soins". Le chef de l’Etat a également souhaité que "chaque établissement analyse avec attention les causes des accidents liés aux soins prodigués en son sein".

"Sarkozy veut “classer“ les hôpitaux", titre Le Figaro (page 11). La Croix (page 9) retient le fait que "les hôpitaux devront afficher leur taux de mortalité". Cette mesure "serait une petite révolution si elle voyait effectivement le jour", estime le quotidien catholique. Dans Le Figaro, l’Elysée assure "ne pas vouloir mettre en place un classement des meilleurs hôpitaux, mais plutôt pointer du doigt les plus mauvais résultats". "La mise en place de ce tableau de bord est une réelle avancée ; mais c’est un outil qui permet seulement de mesurer les moyens déployés pour lutter contre les infections, pas les résultats", analyse, dans La Croix, Alain-Michel Ceretti, président de la mission sur les infections nosocomiales à la Haute Autorité de santé (HAS).

"Assurance maladie : Sarkozy impose des peines planchers pour les fraudeurs", titrent Les Echos (page 8). Le président de la République a en effet invité la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) à "intensifier la lutte contre les gaspillages, les abus et les fraudes". Le chef de l’Etat a annoncé la mise en place de "pénalités plancher" contre les fraudeurs (médecins, patients, établissements, employeurs) "sur le modèle du mécanisme en vigueur pour lutter contre le travail illégal".

Les Echos précisent que, selon un article provisoire du PLFFS 2009, des pénalités seraient appliquées en cas de "fraude établie". Elles ne pourraient être inférieures à 1/10 du plafond mensuel de la Sécurité sociale (2.273 euros) pour les assurés et à un demi-plafond pour les professionnels de santé. Les cas de fraudes visées sont notamment les fausses déclarations à l’assurance maladie.

Le discours de Nicolas Sarkozy a suscité peu de réaction. Dans Les Echos, le président de la CSMF estime que "l’Elysée reprend en main la politique de santé". Michel Chassang se réjouit que le chef de l’Etat n’ait pas évoqué de sanctions contre les médecins pour améliorer leur répartition sur le territoire, mais seulement "une meilleure rémunération" pour ceux qui s’installent dans les zones sous-dotées.

Daniel Lenoir : "la mutualisation permet seule une bonne couverture
"Bien choisir une complémentaire santé" : c’est le titre du dossier central du supplément patrimoine des Echos (pages 2 à 4). Pour le quotidien économique, "le choix d’une mutuelle relève d’un savant dosage entre ses besoins et ses… moyens". Un débat oppose Daniel Lenoir, directeur général de la Mutualité française, à Nathalie Boere, directrice du marketing chez MMA, sur le contrat "Santé double effet MMA", lancée en 2007. En résumé, l’assureur rembourse à l’adhérent jusqu’à la moitié de ses cotisations si ses dépenses de santé sont nulles ou faibles. En contrepartie, la prime d’assurance est majorée de 15 %.

Pour Daniel Lenoir, "c’est un moyen de faire de la sélection médicale sans le dire : seuls les gens qui ont un faible risque vont se positionner sur ce type de contrat". Pour le directeur général de la Mutualité française, il s’agit d’une "remise en cause du principe de solidarité et de sa principale traduction : la mutualisation du risque".

De plus, ajoute-t-il, "avec ces contrats qui remboursent le “non-consommé“, nous constatons une dérive vers l’épargne-santé, avec une forte individualisation et une “financiarisation“ du dispositif". "C’est là le grand avantage de la mutualisation, qui seule permet une bonne couverture contre un risque aléatoire", conclut Daniel Lenoir.

John Sutton