Les petites retraites préservées

La ministre des Affaires sociales a annoncé hier sur BFMTV que l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ex-minimum vieillesse) continuerait d’être revalorisée au 1er avril, et non le 1er octobre comme le prévoit la réforme des retraites annoncée la semaine dernière par le chef du gouvernement. "C’est ce qu’on appelle une jolie volte-face. Les petites pensions seront finalement épargnées par la réforme des retraites, contrairement à ce qui était prévu", commente Libération (page 15).

Mais pour Marisol Touraine, "il n’a jamais été question de mettre à contribution les petites retraites. Le Premier ministre a toujours dit et, je le répète, les petites pensions seront préservées". Toutefois, Libération persiste et signe, assurant que les conseillers de l’Elysée et de Matignon indiquaient encore la semaine dernière que "toutes les retraites seront concernées [par la réforme] y compris l’allocation de solidarité aux personne âgées".

Interrogé de son côté sur France Inter, le ministre du Travail a reconnu hier que le report de six mois de la revalorisation des retraites était "une disposition qui pèse". Mais il a assuré que le gouvernement allait garantir le pouvoir d’achat des retraités touchant une pension inférieure à 1.250 euros. A cette occasion, Michel Sapin a confirmé que tous les Français étaient "concernés" par la réforme des retraites.

Interrogé sur le fait qu’elle fasse "l’impasse" sur les régimes spéciaux, le ministre a répondu : "J’entends répéter cela à l’envi, mais vous savez qu’il y a mensonge derrière cela." "Est-ce que les régimes spéciaux cotisent à un niveau inférieur au régime général ? Non, ils sont alignés progressivement", a-t-il rappelé.

De son côté, Le Figaro-économie (page 25), souligne que "les entreprises devraient bel et bien financer le compte individuel de prévention de la pénibilité, prévu par la réforme des retraites". "Il ne doit pas y avoir de compensation pour le financement de la pénibilité", a précisé hier Marisol Touraine, sur BFMTV.

Le gouvernement renonce à augmenter les cigarettes
La décision est tombée vendredi soir : le prix des cigarettes n’augmentera pas au mois d’octobre, contrairement à ce qui était prévu. "La décision de Bercy relance le soupçon d’entente entre pouvoirs publics et fabricants, qui plane sur la politique de fixation des tarifs", estime Le Journal du Dimanche (page 23).

Bernard Cazeneuve, ministre délégué au Budget, "va homologuer dans les prochains jours les prix du tabac manufacturé pour le dernier trimestre 2013. Ils n’augmenteront pas par rapport aux prix actuels", a indiqué Bercy dans un communiqué cité dans Les Echos (page 3). Le ministère souligne que cette stabilité des prix fait suite aux deux hausses d’octobre 2012 (+ 40 centimes), puis de juillet dernier (+ 20 centimes). Selon Bercy, les ventes de cigarettes ont baissé de près de 8 % au 1er semestre 2013, par comparaison avec le 1er semestre 2012. "Cette évolution est la traduction de l’action du gouvernement pour modérer la consommation de tabac et protéger la santé publique", assure-t-il.

Yves Bur, président d’Alliance contre le tabac, estime au contraire, dans Le Journal du Dimanche, que "la baisse des ventes est avant tout le fruit d’arbitrages des fumeurs pour défendre leur pouvoir d’achat et de l’explosion du nombre de vapoteurs, qui dépasse le million aujourd’hui". "D’ailleurs, eux aussi font entrer des recettes de TVA", ajoute l’ancien député du Bas-Rhin.

Egalement interrogée par le JDD, Emmanuelle Béguinot, directrice du Comité national contre le tabagisme (CNCT) porte un jugement encore plus sévère : "L’objectif santé est totalement absent de nos politiques fiscales. Il faut briser cette logique stérile, qui porte le coût social annuel du tabac en France à près de 50 milliards d’euros par an."

John Sutton