Les malades de cancer de plus en plus précaires

Il faudra bien que le troisième plan cancer, qui sera lancé début 2014, tienne compte de cette triste réalité : les malades du cancer sont de plus en plus touchés par la précarité, voire la pauvreté, et cela, même si leur pathologie est prise en charge à 100% par la Sécurité sociale.

Dans son deuxième rapport, rendu public aujourd'hui, l'Observatoire sociétal des cancers s'inquiète de la recrudescence des demandes d'aides financières émanant de personnes atteintes d'un cancer. En 2012, indique en effet la présidente de la Ligue contre le cancer, Jacqueline Godet, dans Le Pari­sien/Au­jourd'hui (page 10), "nous avons aidé financièrement 20 000 personnes" malades, soit 8% de plus que l'année précédente.

Selon l'Observatoire, écrit le quotidien, "52% des 6,5 millions d'euros distribués l'an dernier ont servi à régler un problème de la vie quotidienne : payer une facture EDF (15%), les impôts (3%), voire acheter de la nourriture (19%)". Dans 17% des cas, ces aides ont également permis de financer les services d'une aide ménagère ou d'une assistante maternelle.

Ce glissement vers la précarité s'explique par une série d'incidences qui s'enchaînent les unes aux autres dès l'annonce de la maladie. L'arrêt de l'activité implique une diminution de salaire, "y compris pour les proches qui veulent se consacrer au malade", souligne Jacqueline Godet. Et en plus de ceux déjà cités, il faut également considérer les frais annexes qui ne sont pas, ou peu, pris en charge par l'assurance maladie obligatoire : les forfaits hospitaliers, les dépassements d'honoraires, le financement des prothèses mammaires ou des perruques… Environ 23% des aides de la Ligue ont servi à faire face à ces dé­penses liées directement à la maladie.

Handicap et sexualité : un projet de "service public" dans l'Essonne
"La question de l'assistance sexuelle revient régulièrement dans le débat en France", observe Le Parisien/Aujourd'hui (page 9). Et cette fois, c'est le député (PS) de l'Essonne, Jérôme Guedj, qui la soulève, en prônant "une intervention solide de la puissance publique" sur le sujet.

Dans son département, ce président du Conseil général est d'ailleurs en train de mettre en place le "premier service public de l'éveil à la sexualité". L'aide qui y sera apportée se fera par l'intermédiaire de "services d'accompagnement à la vie sociale (SAVS)", des structures médico-sociales pour les adultes handicapés financées par les conseils généraux et gérées par les associations.

Spécialement formés, les "salariés volontaires" de ces services garantiront aux handicapés lourdement atteints, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas la maî­trise de leur corps, "une forme d'assistance sexuelle". A ce titre, Jérôme Guedj a fait inscrire la notion d'"assistant sexuel" dans le schéma départemental en faveur des personnes handicapées qui sera voté lundi, raconte le quotidien.

Avant que ne soit mise en place une telle structure, le député sait cependant "qu'il lui faudra jongler avec les subtilités juridiques" car, en France, de tels métiers sont apparentés à de la prostitution et leurs promoteurs à des proxénètes. C'est pour cette raison, que la non-rémunération de l'activité est vivement préconisée.

Une considération qui n'a pas lieu d'être dans d'autres pays tels que les Pays-Bas, la Suisse, le Danemark, la Belgique ou quelques Etats américains où l'assistance sexuelle est tout à fait légale.

Frédéric Lavignette