Les leçons des cantonales

Quatre observations se dégagent du premier tour des cantonales qui s'est tenu hier : l'abstention est à son maximum, la gauche domine, l'UMP régresse fortement et le FN s'ins­talle. Dernière étape électorale avant l'élection présidentielle, ces résultats vont très certainement conditionner la politique des partis dans les prochains mois.

Le seul vrai gagnant de ce scrutin, observe La Croix (page 10), c'est l'abstention. En effet, estimé à un peu moins de 45%, "la participation est bien inférieure à celle enregistrée lors des précédents renouvellements des conseils généraux : 63,91% en 2004 et 64,88% en 2008". Outre ce taux de participation extrêmement bas, poursuit le quotidien, le Front national apparaît comme "l'autre grand vainqueur" de ce premier tour.

Avec 14,5% de voix environ, le parti de Marine Le Pen talonne l'UMP qui n'atteint que 16%. Puisque plusieurs centaines de candidats frontistes en lice dans 1 440 cantons se sont qualifiés pour le deuxième tour, c'est donc "une terrible claque" pour le parti de la majorité, analyse La Tribune (page 5). Trente-neuf de ces candidats sont même arrivés en tête du scrutin. Au second tour, il devrait y avoir "394 duels avec le FN, dont 204 l'opposeront au PS", souligne Le Parisien/Aujourd'hui (pages 4 à 7).

De son côté, le Parti socialiste n'a pas gagné de voix en comparaison à 2004 où il atteignait 33,5% des suffrages exprimés. Cette fois, son score avoisine les 32%, mais il pourrait cependant gagner quelques cantons. "A priori, le PS, qui détient déjà 58 conseils généraux sur 102, devrait atteindre son objectif : passer la barre des 60 départements", prévoit Le Figaro (pages 9 à 11).

Le soutien des écologistes et des communistes pourrait être pour beaucoup dans cette réussite puisqu'une "union de la gauche" est déjà engagée, signale le quotidien. Sous l'étiquette Front de gauche, ces derniers atteignent les 9% et les premiers, avec Europe écologie-Les Verts, recueillent 8,4% des scrutins. Des scores qui devraient donc peser au second tour.

Pour "faire barrage" à l'extrême droite, le PS appelle à voter UMP dans la di­zaine de cantons où le parti de la majorité se retrouve face au parti de Marine Le Pen. Pour sa part, lors des duels FN-PS du deuxième tour, l'UMP n'appelle pas non plus à voter FN "car nous n'avons pas les mêmes valeurs", a déclaré le secrétaire général du parti, Jean-François Coppé. Toutefois, il n'appelle pas non plus à voter PS, "car il n'y a rien non plus de commun entre la droite et la gauche".

Réduire le coût du diabète
Dans un Livre blanc qu'elle vient de publier, la Société francophone de diabétologie (SFD) estime qu'il est "urgent" d'agir contre cette pathologie qui est largement liée à l'environnement et au comportement.

Affectant en priorité les populations défavorisées, note Le Figaro (page 30), le diabète est en constante croissance (+ 6% par an) et atteint aujourd'hui 3 millions de malades en France. Son coût est également en augmentation. En huit ans, les dépenses ont "quasiment doublé", rapporte ce quotidien. De 7,1 milliards d'euros en 2001, elles sont passées à environ 14 milliards en 2009. Pour le Pr Jacques Bringer, président de la SFD, le coût par patient atteint 5.300 euros par an en moyenne, et peut culminer à 65.000 euros par an pour un diabétique de type 1, s'il est en dialyse ou greffé. Un diabétique de type 2 entraîne plutôt une prise en charge variant entre 3.600 et 104.000 euros. Face à cette situation, la SFD émet un certain nombre de propositions : constituer des réseaux de professionnels formés à l'éducation thérapeutique, tester la rémunération au forfait, développer la télémédecine.
Frédéric Lavignette