Les labos ne connaissent pas la crise

Grande manoeuvre dans l’industrie pharmaceutique. "Après les récents mariages Pfizer-Wyeth et Merck & Co.-Schering-Plough, le laboratoire britannique GlaxoSmithKline a annoncé hier qu’il allait acheter l’américain Stiefel pour 2,9 milliards de dollars", indiquent Les Echos (page 18). Avec cette acquisition, GSK va "se renforcer en dermatologie, un secteur où il n’a réalisé l’an dernier que 550 millions de dollars de chiffre d’affaires, sur 45 milliards de ventes totales", précise le quotidien.

Stiefl apparaît en effet pour être un spécialiste des traitements de l’épiderme. Actuellement, il détient un éventail de plus de 15 produits, "dans des domaines allant de l’acné aux infections fongiques, en passant par les dermatoses". Désormais, GSK occupera 8% du marché mondial des médicaments vendus sur ordonnance.

Cette acquisition souligne l’existence d’un phénomène dans le secteur pharmaceutique. Si les "labos se réinventent", comme le note La Tribune (pages 2 et 3), c’est parce que "la donne a changé". Ils doivent faire face à l’arrivée massive des génériques qui leur font perdre une partie de leur chiffre d’affaires. Ils subissent également "un encadrement plus strict des dépenses de santé par les autorités sanitaires".

Face à ces contraintes, les firmes veulent se réapproprier une partie du marché. "Pour cela, l’industrie dispose d’un atout de taille : elle ne connaît pas la crise. Dotés de trésoreries pléthoriques au regard des autres secteurs - l’équivalent de 10 à 25% de leur chiffre d’affaires -, les laboratoires jouissent aussi de la confiance de la communauté bancaire et des investisseurs", remarque La Tribune.

Reste cependant à réaliser la bonne opération, note Le Figaro (page 22). "Dans cette course à la taille que se livrent les grands laboratoires, deux stratégies s’affrontent. Il y a ceux qui procèdent par mégafusions (Pfizer, Roche, Merck), il y a ceux aussi qui préfèrent opter pour des acquisitions plus ciblées : GSK ainsi que Sanofi-Aventis rentrent dans ce cadre."

Quelle que soit la stratégie adoptée, tous partagent un point commun, explique La Tribune. En effet, chacun envisage "la diversification au-delà des grands médicaments traditionnels : biotech, génériques, vaccins, médicaments sans ordonnance".

Greffes : en quête de donneurs
En 2008, relève Le Figaro (page 11), 13.687 personnes étaient inscrites sur une liste d’attente pour bénéficier d’une transplantation d’organe. Seulement 4.620 d’entre elles ont bénéficié d’une greffe. A la demande de l’Agence de biomédecine, l’Inserm a publié une expertise collective intitulée "Transplantation d’organes, quelles voies de recherche ?". Ce document liste "les différentes stratégies pour faire face à la pénurie".

L’une d’elles consiste à sensibiliser les familles de façon à augmenter "le nombre de donneurs en état de mort encéphalique en service de réanimation (94% des greffons proviennent de ces donneurs) et le nombre de donneurs à coeur arrêté (arrêt cardiorespiratoire après échec de la réanimation)". Il propose également d’élargir les critères aux donneurs "marginaux" (personnes âgées ou décédées de causes cardiovasculaires) ou aux personnes atteintes de maladies virales comme l’hépatite B ou C.

Frédéric Lavignette