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Les laboratoires Servier reconnaissent certains torts

Changement de ton chez Servier. Après avoir fermement nié la dangerosité potentielle du Mediator®, le laboratoire entame un revirement de position. Hier, dans un entretien accordé au Journal du dimanche (pages 12 et 13), la directrice générale du laboratoire a admis pour la première fois que le médicament a pu "représenter un vrai risque pour certains patients". Toutefois, Lucy Vincent, qui est également chargée des relations extérieures, qualifie d'"estimations" et d'"extrapolations" les 500 à 2.000 morts évoquées dans cette affaire.

Sur le fond de l'argumentaire recueilli par l'hebdomadaire, "Servier a fait très attention à ne reconnaître aucun lien avéré entre son Mediator® et de possibles décès", souligne Libération (page 17). Le laboratoire a seulement tenu à "corriger les effets désastreux des propos tenus par son patron, Jacques Servier, sans pour autant le décrédibiliser".

Invoquant un "bruit disproportionné", le patron du groupe avait en effet tenté de minimiser l'affaire en admettant l'éventuelle responsabilité du Mediator® dans trois décès.

La tournure judiciaire que prend cette affaire n'est pas étrangère au "virage à 180 degrés" qu'opère le laboratoire dans sa communication, selon l'expression du Figaro (page 13). Il faut dire que Servier amorce une "semaine cruciale", indiquent Les Echos (page 21). Demain, l'Association des victimes de l'Isoméride® et du Mediator® (Avim) doit déposer une centaine de plaintes de victimes de l'antidiabétique au tribunal de grande instance de Paris pour homicides involontaires.

En fin de semaine, ajoute La Tribune (page 11), c'est l'Inspection générale des affaires sociales qui doit remettre au ministre de la Santé, Xavier Bertrand, son rapport sur le Mediator®. "Il s'agit là surtout d'une enquête sur les dysfonctionnements qui ont pu conduire à ce scandale sanitaire", observe le quotidien économique tout en rappelant que le Mediator® a été commercialisé en France de 1976 à novembre 2009, sans être nullement inquiété.

Les effets du Mediator® seront également débattus au cours des journées européennes de la Société française de cardiologie qui se dérouleront du 12 au 15 janvier à Paris. Un débat sur le lien entre le médicament et les valvulopathies se tiendra vendredi, alors qu'une majorité de cardiologues estime que le surrisque lié au médicament "n'était pas connu des spécialistes" avant son retrait, précisent Les Echos.

Par ailleurs, sur le plan politique, ajoute le quotidien, "l'opposition fait monter la pression". Le député de Paris, Jean-Marie Le Guen (PS) réclame notamment "la mise sous séquestre des biens de Servier, en estimant que l'Etat devrait porter plainte contre X dans l'intérêt des malades". De son côté, le député de Haute-Garonne, Gérard Bapt (PS), "semble le mieux placé pour prendre la tête de la commission parlementaire" chargée d'enquêter sur le produit.

Complémentaire : comment choisir
Le choix d'une complémentaire santé doit faire l'objet d'une minutieuse étude de marché, prévient Le Parisien/Au­jourd'hui-économie (pages 10 et 11), "surtout qu'en 2011, les tarifs subissent, cette fois, une hausse de 8 % à 9 % chez quasiment tous les opérateurs, soit la plus forte augmentation de la décennie".

Une complémentaire coûte entre 480 et 500 euros par an, indique le directeur général de la Mutualité Française, Jean-Martin Cohen Solal. Mais attention, prévient-il, "le prix ne fait pas tout, la bonne complémentaire n'est pas celle qui rembourse le plus, c'est celle qui répond le mieux aux besoins". Un conseil confirmé par le président de l'Unocam, Fabrice Henry, qui recommande avant tout de "s'interroger sur l'étendue des garanties proposées dans le contrat".
Frédéric Lavignette