Les experts de la Haute Autorité de santé pas si indépendants que cela ?

L'affaire du Mediator® agit comme toile de fonds de cet arrêt du Conseil d'Etat du 27 avril, lequel a abrogé une recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS) relative au traitement médicamenteux du diabète de type 2. Motif invoqué : "Non-respect des règles de gestion des conflits d'intérêt", précise Le Monde (page 11).

Cette recommandation a été "examinée de près par le Formindep", indique La Croix (page 9). Pour ce collectif de médecins, les déclarations d'intérêts des experts n'avaient pas été faites ou mises à jour. De surcroît, poursuit-il, la HAS n'aurait pas non plus respecté la règle interne qui stipule qu'un président de groupe de travail ne peut avoir de conflit majeur avec une firme.

En 2009, le collectif a demandé à la HAS d'annuler cette recommandation. Celle-ci a refusé. Le Formindep a par conséquent saisi le Conseil d'Etat, lequel a imposé à la HAS de retirer sa recommandation, le 27 avril dernier. Dans le même élan, une autre recommandation concernant la maladie d'Alzheimer a été pointée du doigt mais, pour celle-ci, la haute juridiction ne s'est pas encore prononcée.

Pour le Dr Philippe Foucras, président du collectif, cette décision fait figure de petite victoire. "En dépit de ce qu'elle affirme, indique-t-il dans La Croix, la HAS n'a pas véritablement mis en place des mesures permettant de s'assurer que ses experts sont réellement indépendants de l'industrie. C'est un problème crucial, car les recommandations de cette instance sont considérées comme des références dans le système de santé."

Compte tenu de ces révélations, estime Le Figaro (page 11), "la HAS devra rapidement se pencher sur tous les confits d'intérêts au sein de cet organisme, dans toutes les commissions".

Dépendance : des pistes toujours floues
Il n'y aura pas de seconde journée de solidarité pour financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Selon les informations que s'est procuré Le Parisien/Aujourd'hui (page 12), cette piste considérée comme un "véritable chiffon rouge" a été définitivement écartée.

Dans le même sens, "Nicolas Sarkozy ne veut pas entendre parler non plus d'un recours accru aux assurances privées", car, selon un conseiller interrogé par le journal, "cela ne résout rien à court terme". Il exclut également toute hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) des retraités ou d'un recours sur succession.

Comme le note La Tribune (page 32), les interrogations vont "crescendo en ce qui concerne le partage du coût de la dépendance" entre la sphère privée et la sphère publique. "Toutes les pistes sont sur la table, y compris la voie d'une assurance complémentaire à une prise en charge solidaire", a indiqué la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, lors des 5es Rencontres parlementaires sur la dépendance.

Vers un remboursement du sport ?
A l'exemple de ce qui se fait dans quelques pays étrangers, va-t-on un jour envisager de rembourser les abonnements en salles de gym, ou en clubs de sports, au même titre que les médicaments ? C'est la question que se pose aujourd'hui Le Figaro (page 11), suite à la publication d'un article du Journal of The American Medical Association.

Dans un éditorial, le Pr Marco Pahor, de l'Institut du vieillissement de l'Université de Floride, estime que les bénéfices de l'exercice physique en prévention du diabète, ainsi que dans le contrôle du diabète de type 2, ne sont plus à démontrer. Par conséquent, écrit-il, "il est temps d'envisager une prise en charge par les assurances de programmes structurés d'exercice physique".

Comme le note Le Figaro, la Belgique a franchi le pas. Chez nos voisins, plusieurs mutuelles remboursent en effet quelques dizaines d'euros sur l'inscription à un club sportif. Outre-Manche, "le ministre britannique de la Santé a fait savoir qu'il envisagerait de lancer un système de chèque gym ou piscine pour inciter les sujets du royaume à changer leurs comportements".
Frédéric Lavignette