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Les enjeux du congrès de la Mutualité

"Comme Mitterrand, Chirac et Sarkozy, François Hollande s’exprimera samedi devant le congrès de la Mutualité Française, la “grand-messe” des mutuelles […] à Nice. Pour le chef de l’Etat, ce sera l’occasion de prononcer son premier grand discours sur la protection sociale et la santé, devant 2 500 délégués mutualistes […]. Les complémentaires étant incontournables, l’exécutif prône une meilleure régulation du secteur, qui passe avant tout par la fiscalité. Etienne Caniard affichera donc sa fermeté devant le congrès : “Nous demandons un engagement clair des pouvoirs publics. En retour, nous nous engageons à restituer aux Français tout réaménagement de la taxe sous forme d’amélioration de nos prestations.”

Vincent Collen, Les Echos, jeudi 18 octobre.

Place aux jeunes !
Etienne Caniard, président de la Mutualité Française : "Nous avons, tout au long de ces derniers mois, tenté d’attirer l’attention sur les difficultés d’accès aux soins. C’est le thème de notre congrès. Notre pays connaît une crise économique et sociale qui dure. Notre modèle de protection, s’il a prouvé qu’il était capable d’absorber de nombreux chocs, montre aujourd’hui des signes indéniables d’essoufflement : son financement repose trop fortement sur l’endettement, son organisation privilégie trop l’hôpital aux dépens des soins de premier recours. Notre système est ensuite peu adapté aux nouveaux enjeux sociaux. Nous allons travailler ensemble, tout au long de ce congrès, sur ces différentes pistes pour parvenir à proposer des solutions crédibles pour répondre à ces enjeux. […]

Je souhaite qu’une plus large place soit consacrée à la jeunesse. En tenant compte des problèmes spécifiques des jeunes dans l’accès aux soins et en faisant en sorte de davantage les intégrer à nos instances mutualistes."

La Lettre de l’économie sociale, jeudi 18 octobre.

Les dépassements d’honoraires "abusifs"
Etienne Caniard : "Nous pouvons considérer comme “abusifs” les dépassements équivalant à quatre ou cinq fois les tarifs de la Sécurité sociale. Ils sont inadmissibles et ils doivent être interdits. Pour autant, une fois cette sanction mise en œuvre, cela ne réglera pas le problème de l’accès aux soins, car ces dépassements ne concernent que 3 à 4 % des médecins. Pour permettre l’accès aux soins, il faut combattre les dépassements moins importants. "

RTL midi, mercredi 17 octobre.

La position de l’assurance maladie
"Les responsables de l’assurance maladie sont arrivés avec une proposition : limiter les tarifs pratiqués par les médecins à 2,5 fois le tarif Sécu (28 euros la consultation chez un spécialiste de secteur 1). Concrètement, au-delà de 70 euros, les honoraires seraient jugés “excessifs”, tout contrevenant prenant le risque d’être déconventionné. Conséquence pour le patient : la consultation ne serait pas remboursée par la Sécu. François Hollande s’était engagé à limiter les dépassements d’honoraires coupables, selon lui, de limiter l’accès aux soins des familles les plus démunies. […] En cas d’échec des négociations, Marisol Touraine, la ministre de la Santé, avait menacé d’agir par la loi."

Le Parisien/Aujourd’hui, jeudi 18 octobre.

La proposition de la Mutualité
Etienne Caniard : "Face à l’engagement des médecins de geler leurs dépassements, nous proposons de mettre de l’argent pour augmenter les tarifs opposables. Renforcer les tarifs opposables est une solution plus solidaire et responsable que de laisser filer les dépassements d’honoraires. Nous souhaitons, en effet, que notre système de soins revienne à des tarifs acceptables : des tarifs connus à l’avance, qui garantissent un revenu pour les médecins mais aussi un bon niveau de remboursement pour les assurés sociaux. Aujourd’hui, le problème des dépassements d’honoraires est devenu un problème majeur d’accès aux soins. Or la possibilité d’intervention de la Sécurité sociale est limitée du fait des contraintes financières. C’est pourquoi les mutuelles sont prêtes à faire un effort. […]

L’assurance maladie paraît désarçonnée par notre proposition. Effectivement, nous demandons à être considérés désormais comme des partenaires à part entière. Nous ne souhaitons plus fonctionner comme des payeurs aveugles. Notre proposition suppose une nouvelle organisation des rapports entre mutuelles, assurance maladie et médecins. Il faudra élaborer des dispositifs nouveaux et donc prendre du temps pour faire vivre et donner un contenu à notre initiative."

www.lenouvelobservateur.fr, mercredi 17 octobre.

Des contrats d’accès aux soins
"Les négociations ne se bornent pas à s’attaquer à quelques centaines de médecins déraisonnables, mais surtout à inciter les médecins à honoraires libres à baisser leurs tarifs. Pour cela, l’assurance maladie a proposé aux médecins un projet de “contrat d’accès aux soins”. Les praticiens signataires s’engageraient notamment à geler leurs tarifs, et les complémentaires à mieux rembourser ces dépassements. L’assurance maladie s’est fixé comme objectif de faire signer ce contrat par la moitié des 25 000 médecins éligibles."

Guillaume Guichard, Le Figaro, jeudi 18 octobre.

Les négociations continuent
"Contre toute attente et malgré la pression du gouvernement qui a menacé de passer par la loi en cas d’échec, les partenaires doivent se revoir “lundi à 18 heures”, annonce le directeur de l’assurance maladie, Frédéric van Roekeghem. […] “Nous n’avons pas trouvé un accord aujourd’hui dans la mesure où il reste un point essentiel qui est la contribution des complémentaires, quasi promise mais pas formalisée de façon ferme et définitive", ajoute-t-il. Les complémentaires de santé ont souhaité attendre lundi pour se prononcer, après le congrès de la Mutualité Française qui se tient à Nice jusqu’à samedi et où doit se rendre François Hollande."

www.lenouvelobservateur.fr, jeudi 18 octobre.

Economie sociale : de l’audace !
"Benoît Hamon, ministre de l’Economie sociale et solidaire (ESS) et de la Consommation, appelle les mutuelles à l’audace, il veut les pousser à prendre des initiatives, et tient à assurer le monde mutualiste qu’il trouvera toujours un appui à Bercy pour légiférer dans ce sens. Un appui financier également, avec la création de la Banque publique d’investissement (BPI), dont Benoît Hamon espère pouvoir dédier une partie des fonds aux entreprises de l’ESS. Car en effet, c’est bien du ministère de l’Economie sociale et solidaire dont dépendront les mutuelles pour tout ce qui concerne leur financement et leurs statuts. Pour toutes les questions qui concernent la protection sociale et la complémentaire santé, elles devront s’adresser à la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine."

La Lettre de l’économie sociale, jeudi 18 octobre.

Frédéric Lavignette