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Les députés se penchent sur les déserts médicaux

L’Assemblée nationale reprend lundi l’examen du projet de loi "Hôpital, patients, santé et territoires" (HPST). Après une trêve d’une semaine, ce sera cette fois au tour de la médecine de ville d’être débattue par les députés. Invitée hier du "Talk Orange-Le Figaro", la ministre de la Santé a souligné l’importance de ce volet, rapporte Le Figaro (page 19) : "Nous allons nous pencher sur cette organisation afin que chacun ait près de chez soi un médecin prêt à intervenir de jour comme de nuit", a déclaré Roselyne Bachelot.

La perspective de débats agités sur la répartition des médecins semble d’ailleurs passionner les députés, indique La Tribune (page 5). En effet, souligne le quotidien, "tous voudraient revenir devant leurs électeurs avec des solutions aux problèmes de démographie médicale". Il faut dire que la dernière étude de la Drees laisse présager d’inquiétantes perspectives, surtout en zone rurale. Selon ses prévisions, le nombre de médecins exerçant en campagne diminuerait en effet de 25% d’ici à 2030…

Par conséquent, comment inciter les praticiens à s’installer en zone sous-médicalisée ? Le rapporteur du projet de loi HPST, Jean-Marie Rolland, propose une mesure "en deux temps". "Il veut d’abord laisser les médecins s’organiser en misant sur un dispositif incitatif", explique La Tribune. La modulation du numerus clausus selon les régions ou l’octroi de bourses aux étudiants s’engageant à exercer dans des zones sous-dotées sont quelques-unes des mesures que ce parlementaire préconise.

Cependant, "si au terme d’une période de trois à cinq ans aucun progrès n’était constaté", le rapporteur propose que la loi dote les directeurs des agences régionales de santé (ARS) "de pouvoirs coercitifs", note le quotidien économique. Par exemple, chaque installation de médecin en région surmédicalisée serait soumise à une autorisation de l’ARS. Les médecins déjà en exercice dans ces régions devraient également s’engager à réaliser des vacations dans des zones sous-médicalisées. "En cas de refus, les médecins devraient verser une contribution financière alimentant un fonds dédié à la qualité des soins", suggère Jean-Marie Rolland.

Pour répondre à ce problème de désertification, le syndicat de médecins généraliste MG France fait des propositions, indique Le Figaro (page 19). Il se propose d’identifier "avec les élus locaux les zones manquant de médecins". Selon Les Echos (page 4), il suggère que des mesures soient prises "dans les deux mois". Ce syndicat préconise, entre autres, l’instauration de "consultations avancées dans les zones identifiées" rémunérées au forfait.

Hôpitaux : changements de tarifs
"Les nouveaux tarifs des actes facturés par les hôpitaux et les cliniques à la Sécurité sociale doivent entrer en vigueur dimanche", annoncent Les Echos (page 4). De façon globale, les établissements publics et privés sont plutôt mécontents de la hausse globale des tarifs prévue pour cette année. Les cliniques connaîtront, en effet, une hausse de +0,47% de leurs tarifs et les hôpitaux une augmentation de +0,45%.

Par ailleurs, poursuit le quotidien, "la grille a été revue de fond en comble", puisqu’on passe de moins de 800 tarifs à plus de 2.200. "Ce n’est bien entendu pas le nombre de maladies qui est multiplié par trois, mais la gravité de la situation des patients qui est mieux prise en compte", expliquent Les Echos.

En d’autres termes, pour chaque pathologie quatre tarifs différents pourront être associés. Par exemple, explique la Fédération hospitalière de France (FHF), "un séjour pour diabète sans complications ne sera plus payé autant qu’un diabète accompagné d’un problème oculaire ou cardiaque". Cette nouvelle classification satisfait plutôt l’hôpital public. En effet, ce sont les gros établissements tels que les CHU ou l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui traitent généralement les cas les plus graves.

Frédéric Lavignette