Les députés adoptent la réforme des retraites

De retour à l’Assemblée nationale hier, le projet de loi sur la réformes des retraites, qui prévoit un allongement de la durée de cotisation et crée un compte pénibilité, a été adopté hier en deuxième lecture par 291 voix, malgré l’opposition du Front de Gauche, de l’UMP, de l’UDI et du FN, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 7). Le gouvernement a recouru au vote bloqué sur l’ensemble du texte, y compris l’article litigieux sur le report de la revalorisation de six mois des pensions de retraite, précise Le Figaro-économie (page 22).

L’exécutif a fait deux gestes symboliques en faveur des retraités les plus modestes. D’une part, il a revalorisé de 50 euros par an l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) des plus de soixante ans, indiquent Les Echos (page 3). Celle-ci passera donc à 550 euros en 2014. Deuxièmement, il a donné un coup de pouce au minimum vieillesse. L’allocation de solidarité pour les personnes âgées (Aspa) sera augmentée à deux reprises l’an prochain d’un montant correspondant à l’inflation : le 1er avril et le 1er octobre. "Il n’y aura plus de pensions en dessous de 800 euros", s’est félicité la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, rapportent Les Echos. Cette mesure, qui concerne 570.000 allocataires, coûtera une vingtaine de millions d’euros aux finances publiques, indique le quotidien.

Cela suffira-t-il à déminer le terrain ? "Pas sûr, car ces mesures ne concernent pas les 3 millions restants de retraités modestes vivant sous le seuil de pauvreté", estime Le Parisien/Aujourd’hui.

Dentaire : la part croissante des complémentaires
Les Echos publient un dossier spécial sur "les défis de la santé dentaire". Le quotidien économique rappelle qu’en matière de soins dentaires, la facture est lourde pour les ménages. "En moyenne, plus du quart des honoraires des dentistes restent à la charge des assurés", relèvent Les Echos (page 3). Quant à l’assurance maladie, elle ne rembourse que 35% des frais alors que les complémentaires ont vu leur part de financement augmenter au fil des ans : 18% en 2000 mais près de 40% aujourd’hui !

Ce poids croissant des complémentaires justifie la volonté de la Mutualité Française de donner une base législative aux réseaux de soins. "Les complémentaires santé cherchent ainsi à maîtriser les dépenses de santé en dirigeant les patients dans des systèmes où les coûts sont contrôlés", explique Joël Royers, consultant au cabinet Towers Waston (page 2). Pour leur part, poursuivent Les Echos, "les praticiens bénéficient d’un apport de clientèle appréciable dans un contexte de concurrence tendu (…)".

Sans surprise, ces réseaux suscitent l’opposition de la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD). Ainsi, sa présidente, Catherine Mojaïsky, craint qu’ils n’entraînent une pression trop forte sur les tarifs.

John Sutton et Jean-Michel Molins