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Les dépenses maladie dérapent

L'année 2010 a bien mal débuté pour l'assurance maladie. En raison des dépenses qui dérapent de + 4% au premier trimestre par rapport à la même période en 2009. Comme l'explique Le Figaro (page 20), "ce niveau est supérieur à l'objectif national de dépenses fixé en octobre dernier par le Parlement pour l'ensemble de l'année, à 3%". Sur les douze derniers mois (mars 2009-mars 2010), ajoute le quotidien, la situation n'est pas plus favorable puisque le taux de croissance de l'ensemble des dépenses de santé a atteint + 4,7%.

Au premier trimestre, certains postes concentrent particulièrement les dépenses, détaillent Les Echos (page 15). Les soins infirmiers sont en très forte augmentation avec + 13,3%. Selon la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), rapporte Le Figaro, cela s'explique "d'une part par un effet tarif plus important sur le premier trimestre (1,6 point) et, d'autre part, par un raccourcissement des délais de transmission des feuilles de soins à l'assurance maladie du fait de la montée des télétransmissions Sesam Vitale (entre 0,5 et 1 point)".

Les indemnités journalières sont également responsables de ce dérapage puisqu'elles accusent une hausse de + 6,1% au premier trimestre (contre + 4,8% sur les douze derniers mois). Les dépenses de médicaments sont également en hausse de + 3,7%. En revanche, pour ce qui est des remboursements d'honoraires des médecins généralistes, un recul de 2% a été relevé au même titre que les dépenses d'honoraires dentaires. "Cela s'explique surtout par le calendrier des épidémies hivernales comme la grippe et la gastro-entérite", notent Les Echos. Elles ont en effet frappé plus tôt que l'hiver précédent.

Si le dérapage global devait se confirmer au printemps, "le comité d'alerte pourrait, au 1er juin, imposer des mesures de redressement afin de corriger le tir", prévient le journal économique. Par conséquent, "il reste quelques semaines pour infléchir la pente". En tout état de cause, poursuit ce quotidien, ce dérapage "est d'autant plus inquiétant qu'il fait suite à un exercice 2009 où les dépenses de santé ont déjà dépassé les objectifs".

Les médecins en crise
Le Parisien/Aujourd'hui l'annonce à son tour en "une" : "On va manquer de généralistes". Et si rien n'est fait, rapporte le journal (pages 2 et 3), "seule la moitié des 59.000 cabinets de généralistes seront encore ouverts en 2025". Deux facteurs expliquent en partie cette crise. Le premier est l'absence d'anticipation des pouvoirs publics alors que "80% des médecins en exercice ont plus de 50 ans et 1.300 partent à la retraite chaque année". Seconde raison : la dégradation de l'image de la profession. "Paperasse, journées interminables, retraite à 65 ans, difficulté à transmettre son cabinet" sont des perspectives qui ne motivent pas les étudiants. Aussi, beaucoup d'entre eux préfèrent-ils devenir médecin salarié à la sortie de l'univer­sité afin de préserver leur vie privée et la vie de famille.

Chargée d'une mission sur la méde­cine de proximité par le président de la République, la Dre Elisabeth Hubert, ancienne ministre de la Santé et actuelle présidente de la Fédération natio­nale des établissements d'hospitalisation à domicile, déclare vouloir "créer un environnement favorable à l'exercice libéral".
Frédéric Lavignette