Les dépassements d’honoraires à l’hôpital

Que se passera-t-il si le gouvernement met à exécution son projet d'encadrer les dépassements d'honoraires ? En soulevant cette question, Libération (pages 12 et 13) évalue les sentiments de la profession, tout en mettant en évidence le fonctionnement de ces pratiques au sein de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Selon le dernier rapport de la commission centrale des hôpitaux de Paris, en 2010, 357 médecins hospitaliers sur 5.830 avaient une activité libérale à l'hôpital. Pour l'ensemble de la France, indique le journal, ce nombre était de 1.864 (sur 45.000) en 2011. La grande majorité des médecins parisiens qui exercent une activité libérale sont des chirurgiens (67%) ou des gynécologues obstétriciens. Et 90% d'entre eux semblent ne pas avoir exagéré dans leurs dépassements. En revanche, observe la commission, près de 40 médecins hospitaliers auraient des "pratiques douteuses", rapporte Libération. Ef­fectivement, un dépassement de 35.000 euros facturé par un médecin de la Pitié-Salpêtrière, c'est un peu cher, même si le patient est un émir…

"Chaque hôpital est tenu de faire remonter à cette commission l'activité libérale des médecins hospitaliers. Ceux-ci doivent y consacrer au maximum deux demi-journées par semaine et, s'ils demandent des dépassements d'honoraires c'est avec tact et mesure. Enfin, ils doivent payer une redevance à l'hôpital – autour de 15% de leurs honoraires", explique Libération.

Toutefois, poursuit le quotidien, les remontées d'information à la commission centrale de l'AP-HP souffrent de quelques défaillances et d'une absence de totale transparence, mais dans l'ensemble, relève Noël Renaudin, le président de cette commission, "il y a des progrès".

Il n'en reste pas moins, signale Libération, que le coût des dépassements à l'AP-HP est évalué à 33 millions d'euros dont 4 millions sont reversés à l'hôpital. Un montant peut-être appelé à baisser, une fois que les mesures du gouvernement contre ces dépassements seront appliquées.

Génériques : les espoirs déçus de la Cnam
Alors que l'assurance maladie espérait que 85% des prescriptions de médicaments se traduiraient par la délivrance de génériques chez le pharmacien, c'est la déception. En effet, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 11), en 2012, "on n'en est qu'à un peu plus de 71% !".

Hier, lors d'une conférence de presse, la Cnam a voulu "restaurer l'image du générique, en présence de nombreuses personnalités venues apporter leur caution", indique le quotidien. Son intention finale, ajoutent Les Echos (page 4), est celui d'"inverser la tendance d'ici à la fin de l'année, notamment grâce à la nouvelle convention qui la lie aux pharmaciens". Objectif : atteindre un taux de substitution de 85% à la fin 2012.

Selon la Cnam, cette trop lente évolution des génériques est essentiellement due à l'usage de la mention "NS" – pour "non substituable" – sur les ordonnances. Elle empêche le pharmacien de proposer au patient un générique à la place du médicament original. Pour les défenseurs des génériques, les laboratoires pharmaceutiques sont à l'origine de cette situation. Ils auraient notamment distribué aux généralistes des tampons portant la mention "NS" de ma­nière à leur simplifier le travail, signale l'Union des syndicats de pharmaciens d'officines (Uspo) dans Le Pari­sien/Aujourd'hui. De surcroît, des informations fausses sur les génériques circuleraient sur Internet et les médecins souffrent d'un manque de formation.
Frédéric Lavignette