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Les agences régionales de santé soufflent leur première bougie

C'est "en grande pompe" que sera fêté aujourd'hui, lors d'un colloque à Marseille, le premier anniversaire des agences régionales de santé (ARS), annonce Le Monde (page 15). Pour l'événement, pas moins de deux ministres, Xavier Bertrand (Santé) et Roselyne Bachelot (Solidarité et Cohésion sociale), et une secrétaire d'Etat, Nora Berra (Santé), feront le déplacement. L'occasion de tirer un premier bilan de ces 26 agences, qui doivent devenir un rouage essentiel du système de santé.

"Main basse sur l'hôpital", titre en "une" L'Humanité qui dénonce "un système de santé public en voie de privatisation" et appelle à la mobilisation sa­medi, dans toute la France.

Le travail en commun des 9.000 agents issus de différentes administrations (Drass, agence régionale de l'hospitalisation, Cram) n'est pas chose aisée, constate Le Monde. "Si on met en place une “démocratie sanitaire”, comme c'était l'idée, il faut laisser du temps pour fixer les priorités et en mesurer les conséquences", estime Jean-Michel Meyer, président du Ciss d'Alsace, qui siège à la conférence régionale de santé et de l'autonomie (CRSA).

Selon Le Monde, c'est surtout le manque de marges de manœuvre des ARS, qui suscite des critiques. Les enveloppes budgétaires sont figées, que ce soit pour le médical, le médico-social et la prévention. De plus, les ARS ne disposent d'aucun levier sur l'offre de soins libérale. "Il s'agit d'une bonne réforme, mais il faudra la prolonger", juge Claude Evin, directeur de l'ARS Ile-de-France. "Il n'est pas le seul, parmi les 26 directeurs, à l'estimer. Et les usagers sont sur la même longueur d'ondes", avance Le Monde.

Tirant le bilan de l'ARS Ile-de-France, Claude Evin a insisté sur "les fortes inégalités de santé dans la région (...) qu'on ne peut plus ignorer". D'un département francilien à l'autre ou d'une commune à l'autre, l'espérance de vie peut varier de sept ans. D'où l'importance pour cette agence de dresser des constats territoire par territoire, pour ensuite adapter les moyens aux besoins, notamment en prévention. En bref, de faire du "sur-mesure", selon l'expression de cet ancien ministre de la Santé.

L'offre de soins est "abondante, mais complexe et souvent déséquilibrée", constate l'ARS, notamment en matière de médecine de ville, où l'offre est très mal répartie sur le territoire. C'est en Ile-de-France que la pratique des dépassements d'honoraires est la plus répandue. Enfin, cette région se caractérise par une offre hospitalière concentrée sur Paris, du fait du poids de l'AP-HP. "A l'heure du Grand Paris, il va falloir poursuivre le rééquilibrage entre capitale et périphérie", estime Claude Evin.

L'Etat crée six "super CHU"
Six instituts hospitalo-universitaires (IHU) ont été sélectionnés dans quatre villes (Bordeaux, Marseille, Paris et Strasbourg) dans le cadre du programme d'investissements d'avenir financés par le grand emprunt, rapporte Le Figaro-économie (page 22). L'idée est de "développer les liens entre la recherche fondamentale et ses applications cliniques et industrielles", explique la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse.

"Tout ceci aura des retombées concrètes pour les patients", souligne pour sa part le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, estimant que les IHU "concilient l'activité de recherche, de soins, de formation et un partenariat public-privé".

Les établissements choisis travailleront sur les maladies du système nerveux, les maladies génétiques, la nutrition, le rythme cardiaque, les maladies infectieuses et la chirurgie guidée par l'image, précise Le Figaro-économie.

Le budget de 850 millions d'euros qui leur est attribué leur permettra d'investir dans du matériel et de constituer des équipes de haut niveau. Ainsi pourront émerger "des centres d'excellence qui contribueront à renforcer l'attractivité de la France pour les industries de santé", souligne le gouvernement.
John Sutton