Les agences régionales de santé s’engagent dans la prévention

La ministre de la Santé a transmis hier aux vingt-six directeurs d'agences régionales de santé (ARS) un guide pour leur permettre d'élaborer des schémas régionaux de prévention. Ceux-ci auront "un rôle majeur pour réduire les inégalités sociales de santé", indiquent Les Echos (page 6). L'objectif est de mieux coordonner la médecine libérale, l'hôpital, les maisons de retraite, les établissements scolaires, les associations, et de mieux coller à la réalité du terrain de chaque région.

"La France se trouve dans une situation paradoxale. L'espérance de vie à la naissance est parmi les plus élevées d'Europe (...), mais les inégalités entre catégories sociales sont parmi les plus importantes", souligne le quotidien économique. Ainsi, à 35 ans, l'espérance de vie d'un cadre supérieur dépasse de sept ans celle d'un ouvrier. De surcroît, l'écart entre les catégories socioprofessionnelles (CSP) s'est aggravé chez les hommes et ne s'est pas réduit chez les femmes, au cours des trente dernières années.

Or, 60% des décès survenus avant 60 ans sont dus à des facteurs corrigibles par la prévention : cancers de l'œsophage ou du larynx dus au tabagisme, cirrhoses causées par l'alcoolisme, accidents de la route, sida, suicides... "Ces inégalités commencent dès l'enfance (obésité, asthme, santé dentaire, recours aux soins spécialisés)", souligne le ministère de la Santé. Comme le note le quotidien économique, l'accès aux soins n'est pas le seul critère à prendre en compte, et il faut aussi agir sur l'alimentation, l'éducation thérapeutique, le dépistage, ou encore la détection précoce des problèmes de santé mentale.

Les ARS devront également coordonner au niveau régional les actions de prévention menées par l'Education nationale, les collectivités territoriales ou les entreprises. Les écarts entre les régions en matière d'inéga­lités sociales de santé sont importants. Par exemple, le taux de mortalité prématurée (avant 65 ans) dans le Nord-Pas-de-Calais est supérieur de 20 % à la moyenne natio­nale. Des différences qui s'expliquent par divers facteurs : difficultés d'accès aux soins, les déserts médicaux, la pollution environnementale, les risques professionnels, les habitudes alimentaires...

Retraites : journée d'action le 19 octobre
Les syndicats ont décidé d'organiser, mardi 19 octobre, une nouvelle journée de grèves et de manifestations contre la réforme des retraites, rapporte Le Pa­risien/Aujourd'hui-en-France (page 6). "Entre une grogne croissante qui menace de leur échapper et un gouvernement qui affiche son inflexibilité, l'intersyndicale se trouve dans une position délicate", estime La Tribune (page 4). L'autre contrainte est celle du calendrier, avec le vote du projet de loi au Sénat, le 20 octobre, et le début des vacances scolaires de la Toussaint, le 22 octobre.

"L'irruption jeune", titre Libération en "une", qui souligne que "la fronde des lycéens, émaillée de violences, relance le mouvement social contre la réforme des retraites". Mardi, un lycéen de 16 ans a été blessé à Montreuil (Seine-Saint-Denis) par un tir de flash-ball et risque de perdre un oeil. A Caen (Calvados), un étudiant a dû subir une longue opération après un enfoncement de la boîte crânienne consécutif à un tir tendu de grenade lacrymogène. Par ailleurs, Martine Aubry a appelé hier soir, sur France 2, Nicolas Sarkozy à "remettre à plat" la réforme des retraites, en privilégiant la renégociation.
John Sutton