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Les Français souhaitent mourir chez eux

Mourir chez soi : 81% des Français le souhaiteraient, "mais l'hôpital reste la norme", constate Le Monde (page 13), citant les chiffres d'un rapport publié hier par l'Observatoire national de la fin de vie. D'après ce document, seuls 25,5% des décès surviennent à domicile.

Pour les personnes malades, la fin de vie à domicile semble plus "normale", in­dique le rapport. La mort y paraît plus "tranquille" et certainement "moins déshumanisée" qu'à l'hôpital. Pourtant 60% des Français décèdent dans des structures hospitalières, rapporte Le Monde.

Il faut dire, remarque à son tour Le Figaro (page 12), que les choses se précipitent un mois avant le décès. En effet, cinq semaines avant de disparaître, la plupart des patients se trouvent encore chez eux et seulement 30% à l'hôpital. Le processus s'accélère alors et le nombre de personnes hospitalisées double jusqu'à atteindre 63,8%.

"Seul un tiers des personnes qui vivent à leur domicile un mois avant leur décès y meurent effectivement", relève le professeur Régis Aubry, président de l'Observatoire. Là repose toute la distinction à faire entre "le lieu de fin de vie et le lieu du décès", note La Croix (page 6), qui publie également un reportage (pages 26 et 27) sur l'hospitalisation à domicile (HAD) Croix-Saint-Simon. Cette structure, l'une des plus importantes d'Ile-de-France, permet à des malades en fin de vie de rester chez eux jusqu'au bout, indique le quotidien.

Le glissement vers l'hôpital "a de multiples raisons et une foule d'éléments entrent en compte, comme la cause du décès, observe Libération (page 15). Atteint d'un cancer, un malade risque de plus en plus de mourir à l'hôpital." D'autant que "le maintien à domicile, ou le retour pour les derniers jours relève du parcours du combattant", ajoute Le Monde en inventoriant les obstacles à la fin de vie à domicile.

L'une des difficultés concerne les aides financières accordées aux personnes qui vont accompagner le malade. Des allocations existent mais les aidants ne le savent pas forcément ou se découragent d'en faire la demande tant les démarches sont complexes. Le fonds national pour l'action sanitaire et sociale peut par exemple financer des gardes-malades. Mais cette possibilité n'est que rarement mentionnée dans les documents destinés au public. Même défaut d'information pour l'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie, disponible depuis 2011 mais très peu sollicitée.

La faible coordination des soins est un autre des freins de l'accompagnement à domicile, poursuit Le Monde : "Géné­raliste, équipe d'infirmiers d'hospitalisations à domicile, kiné… toute une série de soignants peuvent se succéder, avec parfois des points de vue différents."

Pour favoriser le partage d'informations entre ces professionnels, et sans proposer de "solution miracle", l'Observatoire préconise donc que "dans chaque territoire, à partir de l'existant, une structure soit facilement identifiable", tout comme la mise en place d'un outil depuis longtemps attendu : le dossier médical personnel. La création de lieux d'accueil temporaires pour malades et l'expérimentation de services d'accueil de jour en soins palliatifs pourraient également permettre, comme dans les pays anglo-saxons, de mourir ailleurs qu'à l'hôpital.

Vers une nouvelle rémunération des pharmaciens
L'assurance maladie et trois syndicats de pharmaciens entament aujourd'hui des négociations sur le nouveau mode de rémunération qui doit être mis en place dans la profession d'ici à 2017. A partir de cette date, expliquent Les Echos (page 3), et à la suite d'un premier accord de principe convenu en mai dernier, "les pharmaciens devront tirer le quart de leurs revenus d'honoraires qui ne seront pas liés au volume de produits écoulés".

Depuis plusieurs années, note le quotidien, le chiffre d'affaires des pharmaciens est en effet en baisse. Deux raisons à ce recul : la première est que l'Etat baisse régulièrement le prix des médicaments afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale. La seconde est que le volume des produits délivrés diminue, une fois encore sous l'effet de mesures d'économies.

Pour palier le manque à gagner des pharmaciens, il a donc été décidé que le quart de leur rémunération serait as­suré par des honoraires, "sur le mo­dèle des autres professions de santé libéraux comme les médecins ou les infirmiers".

La mise en place de ce nouveau dispositif de revenus s'effectuera en plusieurs étapes. La première étape "devrait intervenir en janvier 2014, écrivent Les Echos. A cette date, 12,5% de la rémunération d'aujourd'hui basée sur la marge des médicaments basculerait vers un honoraire de dispensation, autrement dit un paiement à l'ordonnance, ou au pa­tient". Les négociations qui commencent aujourd'hui doivent en fixer les modalités, au même titre qu'elles doivent envisager la rémunération des pharmaciens à la performance.

Tout comme les médecins, ceux-ci toucheront une prime (40 euros par an et par personne suivie) lorsqu'ils aideront par exemple des patients sous anticoagulants à bien observer leur traitement. Les rencontres qui débutent devront prendre en compte les spécificités des officines, toutes n'ayant pas le même débit, rappellent Les Echos. D'après le représentant d'un des syndicats de pharmaciens, "cette négociation démarre très mal, car l'assurance maladie raisonne avec une enveloppe budgétaire fermée. Or, cette restructuration favorisera certaines officines mais en pénalisera d'autres".

Frédéric Lavignette