Les Français sont de plus en plus gros

Les Français sont de plus en plus gros. C'est ce que révèle la dernière édition de l'enquête Obépi-Roche réalisée par l'Inserm, TNS Healthcare et la Sofres. En douze ans, rapporte Le Monde (page 3), le poids moyen de nos concitoyens a en effet pris 3,1 kg. Ainsi, en 2009, le Français, hommes et femmes confondus, pesait 72 kg, alors que sa taille moyenne est 1,685 mètre.

Désormais, l'obésité touche, en France, 6,5 millions d'adultes, soit 3 fois plus qu'il y a douze ans. Mais, comme le note un rapport rendu public en septembre, le taux d'obésité dans l'Hexagone est l'un des plus bas des pays de l'OCDE. Aux Etats-Unis, c'est 30% de la population qui sont atteints par ce fléau. Ce taux est de 27% en Grande-Bretagne.

Mais à partir de quel seuil commence-t-on à être obèse ? Comme l'explique Le Monde, le surpoids commence au-dessus de 25 d'indice de masse corporelle (IMC). Celui-ci se calcule en divisant le poids par le carré de la taille. Dès que cet IMC est supérieur à 30, on peut parler d'obésité. Entre 35 et 40 d'IMC, elle est dite "sévère". Au-delà, elle devient "morbide".

D'après le journal, "la fréquence des obésités sévères a bondi de 1,5% en 1997, en France, à 3,9% en 2009. Et la prévalence du surpoids reste élevée à 31,9% (soit 14 millions d'habitants) contre 29,8% en 1997". La proportion d'obèses est bien plus élevée dans les milieux défavorisés que chez les personnes aisées. Dans les foyers disposant de moins de 900 euros par mois, elle atteint 22%, contre 6% chez ceux ga­gnant plus de 5.301 euros mensuels.

Les femmes à faible niveau d'instruction sont les premières cibles du surpoids, constate l'OCDE. Elles ont en effet 3 fois plus de risque d'en être victimes que les femmes les plus éduquées. Chez les hommes, ce ratio est de 1,6.
Elément rassurant : la dernière en­quête de la Drees indique que "l'obésité des petits Français est en baisse depuis 2000", rapporte Le Monde. Cependant, cette diminution n'intervient pas dans toutes les catégories sociales. En effet, cette étude laisse apparaître qu'un enfant d'ouvrier a 3,6 fois plus de risque d'être obèse qu'un enfant de cadre supérieur.

Pour le Pr Arnaud Basdevant, chargé par le chef de l'Etat de piloter la mise en œuvre d'un plan de lutte contre l'obésité d'ici à 2012, il est nécessaire de "trouver les déterminants de ces inégalités". Ce responsable du service de nutrition à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) déplore "une sous-médicalisation des personnes souffrant d'obésité, notamment en cas d'obésité sévère ayant des effets sur la santé". Pour lui, "c'est l'ensemble de la chaîne de soins qu'il faut rendre accessible et cohérente, du médecin traitant à la prise en charge dans les centres spécialisés, au niveau de chaque ”territoire de santé”".

L'OCDE se penche sur notre santé
En réformant son système de santé, la France pourrait non seulement allonger l'espérance de vie de ses habitants de deux ans, mais aussi réaliser des économies. C'est ce qu'avance le dernier rapport de l'OCDE intitulé : "Améliorer le rapport coût efficacité des systèmes de santé".

En effet, rapporte lefigaro.fr (Un mouvement social a empêché ce matin la diffusion des journaux, seules leurs versions électroniques sont disponibles, NDLR), "l'Etat réaliserait une diminution de ses dépenses de santé de l'ordre de 1,3% de son produit intérieur brut (PIB) alors qu'il en dépensait 11,2% en 2008" s'il diminuait ses coûts administratifs qui s'élèvent à "7% du total des dépenses de santé, alors que la moyenne dans l'OCDE s'établit à 4%". Ce rapport évoque également "une meilleure coordination entre la médecine de ville et l'hôpital", tout comme il pointe du doigt le système de tarification à l'activité des hôpitaux.
Frédéric Lavignette