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Les Français fument toujours autant

Malgré les campagnes de prévention, malgré les augmentations de prix (+84% en dix ans), malgré la loi antitabac dans les entreprises, les cafés et les restaurants, le nombre de paquets de cigarettes vendus en France a augmenté de 2% cette année, souligne Le Parisien/Aujourd’hui-en-France (pages 1 à 3). Le cigarettier British american tobacco (BAT) et le ministère de la Santé expliquent cette hausse par le recul des achats transfrontaliers. En effet, le prix des cigarettes a récemment augmenté en Espagne et en Belgique, rendant le déplacement moins intéressant pour les fumeurs.

Mais pour les antitabacs, comme le Pr Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme, "c’est de la mauvaise foi. S’il y a plus de ventes, il y a plus de consommateurs". "Depuis une grosse baisse en 2004 – en raison du Plan cancer du président Chirac et d’une augmentation du prix du tabac de 38% en dix-huit mois – il n’y a pas eu de diminution du nombre de fumeurs en France, estime-t-il. Au contraire, selon une étude menée à Paris, le tabagisme semble augmenter chez les jeunes."

Bertrand Dautzenberg remet notamment en cause la faiblesse de la dernière hausse du prix des cigarettes, qui s’est élevée à 6%. "C’est la hausse que demandait les industriels ! La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, réclamait 10% d’augmentation", rappelle-t-il dans Le Parisien (page 2). "Entre la santé et les finances, le gouvernement a tranché. Aujourd’hui, c’est Eric Woerth, ministre du Budget, qui gère ce dossier, et non plus le ministère de la Santé", déplore-t-il.

Plusieurs mesures de prévention devraient entrer prochainement en vigueur, parmi lesquelles l’interdiction des cigarettes aromatisées, l’impossibilité de construire des débits de tabac à proximité des écoles et des hôpitaux, ou encore l’impression de photos chocs sur les paquets de cigarettes. "Cela fait dix-huit mois qu’on attend ces photos !", dénonce le président de l’Office français de prévention du tabagisme. Ce dernier réclame "de vraies mesures", comme une meilleure prise en charge des médicaments facilitant l’arrêt du tabac ou encore une "vraie hausse du prix des cigarettes", assorties "surtout" d’un "réel engagement de l’Etat".

Cotisations des mutuelles : hausse de 5% en 2010
Les tarifs des mutuelles devraient augmenter d’environ 5% en 2010, a déclaré hier Jean-Pierre Davant, rappelle La Tribune (page 11). "Les complémentaires santé ne peuvent faire autrement qu’augmenter leurs prix, car elles supportent de plus en plus de charges", a-t-il justifié, note le quotidien Les Echos (page 19).

Il a invoqué la hausse continue des dépenses de santé, le surcoût de la grippe A, la progression des dépenses transférées aux mutuelles comme la hausse du forfait hospitalier, qui passe de 16 à 18 euros, et enfin la reconduction de la taxe "exceptionnelle" (1 milliard d’euros) sur les cotisations et primes des complémentaires santé, énumère Le Figaro-économie (page 19).

"Malgré les dispositifs d’aide, de plus en plus de Français n’ont d’ores et déjà plus les moyens de cotiser à une complémentaire et renoncent à des soins primaires", déplore le président de la Mutualité Française, rapportent Les Echos. L’Humanité (page 6), La Croix (page 10) et le site lemonde.fr reprennent également les déclarations de Jean-Pierre Davant au Parisien/Aujourd’hui-en-France d’hier. De nombreux quotidiens régionaux s’en font l’écho, parmi lesquels Ouest-France, Le Télégramme, Le Courrier picard, Paris-Normandie, La Nouvelle République, Le Progrès, La Dépêche du Midi, Nice-Matin…

Retraite et pénibilité
Interrogée hier sur RMC, Danièle Karniewicz, présidente de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) a jugé "incontournable" d’aborder la question du départ à la retraite des salariés exerçant des métiers pénibles au cours du "rendez-vous" sur les retraites prévu en 2010, note Le Figaro-économie (page 19).
Pour elle, "quand il y a une usure de la santé parce qu’il y a un poste de travail qui sollicite beaucoup la personne, là effectivement, il faut sans doute donner une bonification par rapport à l’âge de départ". Danièle Karniewicz estime nécessaire d’intégrer une composante "maladie" dans la prise en compte de la pénibilité, mais ce point fait débat. La présidente de la Cnav estime par ailleurs dans La Tribune (page 4) qu’"il n’est guère envisageable de baisser le niveau des pensions, ni d’augmenter sensiblement les cotisations".

John Sutton