croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Les Français champions d’Europe de la consommation de médicaments

"La France est le premier pays consommateur de médicaments en Europe" : le constat n’est pas nouveau mais il vient d’être réaffirmé dans un rapport remis la semaine dernière par la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale (Mecss) de l’Assemblée nationale (texte du rapport sur www.lesechos.fr).

En matière de dépenses pharmaceutiques, notre pays se situe 30% au-dessus de la moyenne des pays riches de l’OCDE en valeur, et même 50% au-dessus en volume, précise le quotidien Les Echos (page 19). Les Français sont champions d’Europe de la consommation d’antibiotiques, d’antidiabétiques oraux, d’antidépresseurs, de tranquillisants... "Cette spécificité continue à susciter des interrogations sur l’efficience du recours au médicament et sur les effets d’une telle surconsommation tant sur le plan sanitaire qu’économique", s’inquiètent les députés.

La France se distingue notamment par une consommation plus forte de médicaments récents, innovants, plus chers et pas toujours plus efficaces, au détriment de molécules plus anciennes et souvent génériquées. La Mecss propose des mesures visant à favoriser "le bon usage des médicaments", dont un renforcement de l’information, une réforme de la formation des médecins et un meilleur contrôle de l’action des visiteurs médicaux, payés par les laboratoires pharmaceutiques pour promouvoir leurs produits auprès des praticiens. "L’enjeu est assurément de limiter les visites médicales, qui poussent beaucoup à la prescription et à la consommation", a estimé Eric Woerth, ministre des Comptes publics lors des auditions organisées par la mission. "Le système de promotion fait que le médecin a souvent tendance à prescrire un médicament nouveau, mais dont l’apport n’est pas évident, plutôt qu’un produit générique. Ces visites sont encadrées par une charte qu’il convient sans doute de renforcer. L’augmentation de la taxe peut aussi être envisagée", a expliqué le ministre.

Les députés proposent également "une meilleure sélectivité dans l’admission au remboursement des médicaments", après avoir constaté que le système est "peu sélectif". Ils regrettent notamment que, parmi les critères d’admission, celui fondé sur l’intérêt de santé publique, soit "peu utilisé en pratique". Le rapport demande donc à la Haute Autorité de santé (HAS) de mieux prendre en compte "l’intérêt pour la collectivité" lors de la commercialisation d’un nouveau produit, et non seulement son "efficacité et ses effets indésirables".

Amiante : dossiers en souffrance
Chantiers navals, dockers, Eternit, SNCF, RATP, Université de Jussieu, Assistance publique-Hôpitaux de Paris... Le pôle judiciaire de santé publique du tribunal de grande instance de Paris ne peut plus faire face aux nombreuses instructions en cours concernant des salariés exposés à l’amiante. Le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva) reçoit près de 2.000 demandes par mois, note Le Journal du dimanche (page 8). "Le Code pénal n’est pas adapté aux problèmes de santé publique. La traçabilité de la contamination est très difficile à établir et les réformes tardent", déplore Michel Parigot, vice-président de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva). Les associations dénoncent un manque de volonté des pouvoirs publics. De son côté, Marie-Odile Bertella-Geffroy, la juge d’instruction chargée de ces dossiers, estime qu’"il faudrait doubler le nombre d’enquêteurs pendant un à deux ans. Sinon, il nous faudra au moins trois ans pour achever l’instruction des dossiers amiante". Faute de moyens suffisants, beaucoup de plaignants risquent de décéder avant l’ouverture de leur procès...

John Sutton