Les ARS sont lancées

Depuis hier, les 26 régions de France sont officiellement dotées de leur agence régionale de santé (ARS). Inscrites au programme de la loi "Hôpital, patients, santé et territoires", les ARS "auront l'oeil aussi bien sur les comptes des hôpitaux que sur l'organisation des gardes en ville, sur le nombre de places dans les maisons de retraite médicalisées que sur les alertes sanitaires", explique Le Figaro (page 23).

Pour ce faire, poursuivent Les Echos (page 2), dix services de l'Etat et de l'assurance maladie ont été regroupés : agences régionales de l'hospitalisation (ARH), directions départementales et régionales des affaires sanitaires et sociales (Ddass et Drass), unions régionales des caisses d'assurance maladie (Urcam), caisses régionales d'assurance maladie (Cram), hors compétences sur la retraite, ou encore missions régionales de santé.

"Plus proches du terrain, ajoute le journal économique, les ARS pourront élaborer des projets de santé répondant au mieux aux problèmes locaux. Elles signeront des contrats avec les établissements de santé. Elles pourront inciter des hôpitaux d'un même territoire à coopérer et même les y forcer si nécessaire."

C'est cette action de proximité que va par exemple devoir mener, Daniel Lenoir en tant que directeur de l'ARS du Nord-Pas-de-Calais. "Dans cette région, où les indicateurs sont souvent moins bons que la moyenne sur le cancer ou l'obésité par exemple, notre but sera de réduire les écarts", annonce l'ancien directeur général de la Mutualité Française dans Le Figaro.

Avec un budget de fonctionnement établi pour le moment à 758 millions d'euros, les 26 agences emploieront 9.200 personnes, indiquent Les Echos. La plupart d'entre elles appartenaient aux différentes administrations fusionnées. Pour les diriger, 26 "préfets de santé" ont donc été officiellement nommés mercredi en Conseil des ministres : "On trouve un ancien ministre socialiste de la Santé, Claude Evin, plusieurs préfets et sous préfet, un ancien dirigeant de cliniques privées du groupe Générale de santé, un ex-patron du groupe minier et métallurgique Eramet (...), mais très peu de gestionnaires d'hôpitaux publics", note L'Humanité (page 6).

Pour ce quotidien, "cette hyperconcentration des pouvoirs aux mains d'un ”préfet de santé” n'est pas faite pour rassurer les usagers. Car une des priorités de cette loi est le retour à l'équilibre budgétaire dans l'hôpital public". Dans le même temps, ajoute Le Figaro, certains médecins libéraux craignent que cette "étatisation" ne leur permette plus de "choisir le lieu de leur installation". Aux ARS de faire maintenant leurs preuves...

Alzheimer : les proches des malades sous observation
Alors que 850.000 personnes sont atteintes de la maladie d'Alzheimer en France, la Haute Autorité de santé (HAS) se penche sur l'état de santé de leurs aidants familiaux. Comme l'indique Le Figaro (page 11), un rapport de la HAS vient en effet de recommander aux médecins généralistes "un suivi régulier et personnalisé" de ces proches afin de détecter "une souffrance, des troubles anxieux et/ou dépressifs ou encore des troubles du sommeil".

Cette recommandation préconise une consultation médicale annuelle de "ceux qui se chargent d'un malade d'Alzheimer et plus particulièrement du nursing, des soins, de l'accompagnement de la vie so­ciale, des démarches administratives, du soutien psychologique, des activités domestiques...".

Inflation de TMS
D'ici quatre à cinq ans, le nouveau ministre du Travail, Eric Woerth, souhaite réduire de 25% le nombre d'accidents du travail. Selon les données livrées par l'assurance maladie, cette diminution est déjà amorcée : ainsi, rapporte latribune.fr, "en 2008, le nombre d'accidents du travail a diminué de 2,2% par rapport en 2007, s'établissant à 703.976, soit quelque 38 accidents pour 1.000 salariés, le niveau le plus bas enregistré sur la période 1998-2008".

Dans le même élan, préviennent Les Echos (page 4), le ministre entend stabiliser le nombre de troubles musculo-squelettiques (TMS) qui augmente de près de 20% chaque année depuis plus de dix ans. Les TMS représentent les trois-quarts des maladies professionnelles prises en charge, indique latribune.fr : "Environ 40.000 personnes souffrant de TMS ont été indemnisées en 2008 par la Sécurité sociale, pour un coût de près de 800 millions d'euros." Le troisième volet d'une campagne de communication sur leur prévention va donc être lancé prochainement pour mener à bien cet objectif.
Frédéric Lavignette