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Le tabac encore trop visible sur les écrans

Cinq ans après l'interdiction de fumer dans les lieux publics, un tiers des Français n'ont toujours pas renoncé à la cigarette. C'est la tranche d'âge des 34-49 ans qui concentre les plus gros consommateurs de tabac, selon un sondage, réalisé sur Internet du 7 au 9 février, et publié dans Le Parisien/Au­jourd'hui (page 5), à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac.

Il n'est pas rare de voir de très jeunes ados fumer à la sortie d'un collège, constatent Les Echos (page 11). "A l'adolescence, les jeunes s'éloignent du modèle parental, expérimentent leurs propres limites", observe François Beck, épidémiologiste à l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). "La transgression de certains interdits, les prises de risque, dont l'expérimentation du tabac, participent à la construction de leur identité et à son affirmation", explique-t-il dans Les Echos.

Mais, pour Myriam Cassen, psychologue à Bordeaux, "avant 14-15 ans, on est encore un enfant, et un enfant qui fume, c'est un enfant qui ne va pas bien, qui souffre le plus souvent de troubles de l'attachement".

La prévention du tabagisme s'adresse désormais aux jeunes de façon spécifique. "Les messages en direction des fumeurs adultes n'ont pas d'impact sur ces jeunes, constate Julie Fourès, chargée de communication sur le tabac à l'Inpes. Ils n'ont pas conscience qu'ils prennent un risque et sont dans l'illusion d'une maîtrise de leur consommation. Ils n'ont aucune notion de la difficulté à arrêter, même s'ils ont dans l'idée d'arrêter un jour."

Les politiques de prévention ont évolué au fil des ans, rappellent Les Echos. Dans les années, on a joué sur la valorisation des non-fumeurs. Dans la décennie suivante, les campagnes se sont attachées à montrer aux jeunes qu'ils étaient manipulés par les stratégies marketing des cigarettiers.

En 2010, la prévention a pris la forme attrayante d'un dessin animé japonais sur le net, visité par 550.000 jeunes internautes. L'Inpes se félicite de ce succès, mais reconnaît qu'il est difficile d'évaluer son impact réel sur le tabagisme des jeunes, soulignent Les Echos. Jean-Pierre Couteron, président de la Fé­dération d'addictologie, juge les campagnes d'information insuffisantes. Il préconise "une approche multidimensionnelle", comme la création de "consultations jeunes consommateurs".

A l'occasion de la Journée mondiale sans tabac, la Ligue contre le cancer publie dénonce "la trop forte pré­sence du tabac sur les écrans", rapporte Le Figaro (page 15). Après avoir visionné 180 films français, ayant totalisé le plus d'entrées entre 2005 et 2010, la Ligue en conclut que 80% contiennent au moins une scène de tabagisme et 30% plus de dix. "Gainsbourg, une vie héroïque", réalisé par Johann Sfar, obtient la "clope d'or", avec 43 minutes de fumée de Gitane. La Ligue contre le cancer demande au Centre national du cinéma (CNC) de refuser tout financement public aux films faisant la promotion du tabac. Selon le Pr Albert Hirsch, "tout en respectant la liberté de création, on pourrait envisager des messages d'avertissement, voire une interdiction aux moins de 18 ans des films où le tabac est omniprésent".

Les jeunes médecins contre le Conseil de l'ordre
Plusieurs organisations d'étudiants en médecine, d'internes et de jeunes médecins se sont déclarées "consternées" par les propositions du Conseil de l'Ordre pour lutter contre les déserts médicaux, estimant qu'elles allaient "décourager les vocations", rapporte Le Figaro-économie (page 24).

Dans un entretien à Libération (page 12), Charline Boissy, présidente de l'intersyndicale des internes de médecine générale, ne voit pas "pourquoi les jeunes assumeraient seuls les erreurs de gestion de l'offre de soins de leurs aînés !".

"On choisit d'être médecin généra­liste parce qu'on est attiré par la liberté d'exercice, par le libre choix du lieu de travail et de vie, explique-t-elle. A partir du moment où on perd cette liberté, l'attrait diminue." "L'idée de rester cinq ans dans la région, non. En plus, c'est mal poser le problème : il s'agit non pas de contraindre, mais de rendre attractif le métier", ajoute-t-elle.

"Comment faire, car on sait que les mesures incitatives ne suffisent pas ?", interroge Eric Favereau, de Libération. Pour Charline Boissy, il y a encore peu de recul sur les mesure incitatives mais une chose est sûre : "Les mesures coercitives sont contre-productives : elles entraînent une désaffection pour la médecine." Très optimiste, cette jeune interne dit constater "une remontée du nombre d'installations dans les zones rurales".

Par ailleurs, la ministre de la Santé a souligné hier sa volonté d'aboutir rapidement sur un autre sujet d'impor­tance abordé par l'Ordre des médecins : la question des dépassements d'honoraires. Selon la CSMF, qu'elle a reçu hier, la ministre a souhaité que les négociations sur l'encadrement des dépassements soient menées "dans le cadre conventionnel", c'est-à-dire entre la Cnam, les complémentaires santé et les syndicats de médecins libéraux.

Marisol Touraine entend toutefois que ces négociations "ne s'éternisent pas". Si c'était le cas, la ministre a d'ores et déjà prévenu que le gouvernement pourrait prendre des décisions dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2013, qui sera examiné par les députés à l'automne prochain.
John Sutton