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Le système de santé en débat sur France 5

Baisse de remboursement des médicaments et des actes médicaux, dépassements d'honoraires des médecins : ces questions étaient au centre du débat télévisé le 27 octobre sur France 5 dans l'émission de Yves Calvi "C dans l'air". Son thème : "Et maintenant, 7 milliards pour la Sécu !". Invité sur le plateau, le président de la Mutualité Française, Jean-Pierre Davant, a rappelé que "les soins coûtent de plus en cher" aux malades et que "de nombreux Français renoncent à se soigner".

Alors que l’examen du PLFSS 2011 se poursuit aujourd’hui et demain à l’Assemblée nationale, l’émission "C dans l’air", hier soir sur France 5, avait pour thème : "Et maintenant, 7 milliards pour la Sécu !". "Jamais la Sécurité sociale n’avait connu un pareil déficit, soit 27 milliards d’euros en 2010. La future loi de financement de la Sécurité sociale propose d’économiser 7,21 milliards, en faisant appel aux mutuelles, qui vont augmenter leurs cotisations, résume le journaliste Yves Calvi. Certains se demandent si pour sauver le système, nous ne sommes pas en train de le dénaturer."

Suit un reportage dans une pharmacie, commenté en voix off par une journaliste. "C’est devenu presque un classique, à chaque nouvelle loi de financement de la Sécurité sociale, c’est la valse des déremboursements de médicaments et d’actes médicaux en tout genre. Le budget 2011 n’échappera pas à la règle. Pas de quoi inquiéter pour autant les nombreux patients qui comptent sur leur mutuelle."

Dans un reportage, le président de la Mutuelle générale de l’Education nationale (MGEN) livre son analyse de l’évolution du système de santé. "On assiste à une privatisation du "petit risque", comme la médecine de ville, le dentaire ou l’optique. Sur ce "petit risque", l’assurance maladie est devenue un financeur parmi d’autres." Pour le président de la MGEN, "c’est un véritable changement des principes de notre système de Sécurité sociale, qui veut que chacun cotise selon ses moyens et re­çoive selon ses besoins". "Lorsqu’on transfère des remboursements vers les ménages ou vers les complémentaires, on tourne le dos à ce principe fondateur", conclut Thierry Beaudet.

Invité sur le plateau de "C dans l’air", le président de la Mutualité Française déplore que des mesures structurelles de régulation et d’organisation du système de soins restent trop souvent lettre morte. "Le gouvernement fait des annonces et ensuite plus rien", déplore Jean-Pierre Davant. "Aujourd’hui, le système est complètement dérégulé : l’assurance maladie rembourse moins bien et les patients se voient réclamer des dépassements d’honoraires faramineux, y compris à l’hôpital public. Les soins coûtent de plus en plus cher. Conséquence : de nombreux Français renoncent à se soigner."

Dans un autre registre, Jean-Pierre Davant estime qu’"il faut augmenter la CSG pour financer nos dépenses de santé, au lieu de créer de nouvelles taxes sur les mutuelles, payées ensuite par les assurés, et de plus en plus de forfaits sur les soins, les médicaments, l’hospitalisation…".

Pourquoi les dépassements d’honoraires faramineux sont-ils autorisés ?, interroge un téléspectateur par SMS. "Dans la loi HPST, il était prévu une régulation des dépassements d’honoraires, mais les députés de la majorité ont voté contre", réagit Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss). "On a régulé les dépassements d’honoraires", affirme Bernard Debré, urologue et député UMP de Paris, aussitôt démenti par le président de la Mutualité Française.

Retrouvez l'émission "C dans l'air" sur le site Internet de France 5.

 

La politisation du CESE
La liste des 40 personnalités qualifiées désignées pour siéger au Conseil économique, social et environnemental (CESE) a été entérinée hier en Conseil des ministres. Et comme l’indique Le Figaro-économie (page 18), elle réserve son "lot de surprises". S’il est un nom qui suscite des commentaires, c’est bien celui de l’actuel conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, qui "à 70 ans, est à la veille de prendre sa retraite", note Le Parisien/Au­jourd’hui (page 7).

"Sa nomination – même si elle est légitime sur le fond – a fait grincer quelques dents dans la mesure où Raymond Soubie a, compte tenu de ses fonctions, participé à l’élaboration de la liste […]", écrit Le Figaro-économie. "On ne l’attendait pas là", s’étonne un membre de cette institution, cité dans Les Echos (page 3). Toujours dans le quotidien économique, un observateur se demande si le conseiller du chef de l’Etat "sera là ”pour servir d’intermédiaire ou pour être l’œil de Moscou”".

Une des caractéristiques marquantes de cette liste est la "forte présence d’élus UMP", souligne Le Figaro-économie. "On compte plus d’une douzaine d’élus de la ma­jorité ou apparentés sur les 40 personnalités qualifiées", indique ce quotidien, qu’il s’agisse d’un des bras droits d’Alain Juppé ou d’un conseiller général des Hauts-de-Seine. Cette coloration est, selon certains observateurs, "le signe d’une politisation du CESE". Pour un futur conseiller, interrogé par Le Figaro-économie, "en politisant autant cette institution, [Nicolas Sarkozy] tue sa propre réforme", laquelle avait notamment permis d’ouvrir cette 3e as­semblée de la République aux "environnementalistes".

Et la nomination de Jean-Paul Delevoy, le médiateur de la République, renforce naturellement ce sentiment. "L’ancien ministre de Jacques Chirac est clairement le candidat de l’Elysée pour briguer la présidence de l’institution", affirme Le Figaro-économie. Pour cela, Jean-Paul Delevoy "sait que son principal handicap sera de gommer son parcours politique dans une enceinte de la société civile", indiquent Les Echos. Sur le chemin de la présidence, cet ancien ministre de la Fonction publique "trouvera en face de lui Jean-Pierre Davant, le président de la Mutualité Française qui dispose du soutien de la CFDT".

John Sutton et Jean-Michel Molins