Le sport après 50 ans : allez-y mollo !

Le sport entretient la santé et les seniors l'ont bien compris. Le nombre de sportifs de plus de 50 ans augmente sensiblement chaque année. Mais l'âge oblige à prendre des précautions avant la reprise d'une activité physique. Il impose également une surveillance médicale régulière et le choix d'un sport adapté.

Les chiffres traduisent une tendance nette : les seniors s'adonnent aujourd'hui volontiers au sport. En 2005, 12% des plus de 50 ans déclaraient pratiquer une activité physique et sportive. Fin 2009, leur nombre a presque doublé pour atteindre 23%, comme en témoigne l'étude Sportlabgroup de 2010.

Les seniors ont raison de préférer l'activité à la sédentarité. Le sport fait du bien au moral, il diminue la pression artérielle, il soulage les raideurs, il prévient l'ostéoporose, il est bénéfique pour le cœur… Mais ces avantages ne doivent pas faire oublier que des précautions s'imposent avant de reprendre le sport.

Risques d'infarctus ou de fracture
"Les infarctus liés à la pratique sportive surviennent surtout dans la tranche d'âge 40-60 ans", explique le Dr Laurent Chevalier, cardiologue à la clinique du sport de Bordeaux Mérignac. Pour les cardiologues du sport, l'entrée dans la vie de senior commence dès 40 ans.

L'accident cardio-vasculaire n'est malheureusement pas la seule ombre au tableau. A ne pas suffisamment se ménager, les articulations accusent aussi des signes de faiblesse vers 50-55 ans. De l'arthrose, des tendinites, des fractures viennent douloureusement rappeler l'usure naturelle du corps.

Un bilan avant la reprise
Mais la crainte de l'accident ne doit pas l'emporter sur les bonnes résolutions. "Même après 70 ans, il y a un intérêt à pratiquer une activité physique", insiste le rhumatologue Gilles Bruyère, spécialisé en traumatologie du sport au centre de soins de suite et réadaptation Le Clos Champirol (Loire). Il suffit juste de suivre les recommandations des médecins pour ne pas essuyer de mauvais revers.

Première obligation : les contrôles. "Avant de reprendre une activité sportive, il faut absolument faire un bilan cardio-vasculaire", martèle le Dr Chevalier. Il est à renouveler tous les ans. Une visite chez le rhumatologue peut également être conseillée par votre médecin traitant. Ces examens aident à vous orienter vers la pratique la plus adaptée à votre âge et à votre condition physique. "L'âge biologique est différent de l'âge civil, il dépend du bagage génétique, des microtraumatismes professionnels ou sportifs que l'on a pu subir, de l'hygiène de vie", note à ce sujet le Dr Bruyère.

Des sports à privilégier
En vieillissant, les sports éprouvants sont en général déconseillés. Exemple : la course à pied qui peut être violente pour le cœur et risque de favoriser une arthrose du genou ou de la hanche. En revanche, la natation ou le vélo sont de bons alliés santé, à condition à ne pas chercher à aller trop vite.

La marche rapide a, elle, tout pour séduire. Le bon rythme : "Quanrante-cinq minutes de marche à 4 ou 5 km/h, 3 fois par semaine minimum, précise le Dr Chevalier. Avec cet exercice assez modeste, on récolte autant de bénéfices cardio-vasculaires qu'avec un autre sport sans prendre de risques."

Pour leur part, la gymnastique, le stretching ou le qi gong (gymnastique traditionnelle chinoise) entretiennent la souplesse et limitent les risques de chute. "Dans l'idéal, on doit s'étirer quotidiennement", indique le Dr Bruyère. Alain, en pleine forme malgré ses 72 ans, s'en tient déjà à cette ligne de conduite à raison de deux heures de gymnastique par semaine : "C'est fondamental, ça fait travailler les articulations, les fibres musculaires, la respiration", déclare cet habitant de la Loire.

Les erreurs à éviter
Des réflexes sont enfin à adopter pour éviter tout ennui de santé. "Si vous avez des douleurs dans la poitrine à l'effort, il faut le dire à votre médecin parce que ce n'est pas normal", fait remarquer le Dr Chevalier. Le Club des cardiologues du sport a ainsi rédigé un ensemble de règles d'or valables notamment pour les seniors.

Le rhumatologue Gilles Bruyère dispense également des conseils de bonne pratique : s'échauffer, s'étirer, s'hydrater et y aller crescendo. Accepter de réaliser de moins belles performances, s'entraîner avec des personnes de sa génération, éviter la compétition comptent parmi les dernières recommandations des médecins. Après tout, conclut le Dr Bruyère, "l'adversaire, c'est soi-même, ce n'est plus l'autre".

Sandra Jégu