Le sida éclipsé par la grippe A

"Sida : le SOS du Sud", titre Libération à la "une". Réunis depuis dimanche au Cap (Afrique du Sud), les 5.000 participants au congrès de la Société internationale du sida craignent que la crise économique et la pandémie de grippe A n'empêchent les pays riches de tenir leurs engagements sur l'accès aux traitements des pays en voie de développement. Michel Kazatchkine, directeur du Fonds mondial contre le sida, se déclare "inquiet", voire "angoissé", par la remise en cause des engagements des pays développés, qui, lors du dernier G8 en Italie, n'ont pas dit un mot sur le sida (Libération, page 3).

"C'est une honte (...). Dans mon pays, où le combat pour la vie est si rude, que va-t-on dire ? Que, comme toujours, les pays riches ne tiennent pas leurs promesses !", déclare le professeur sud-africain Hoosen Coovadia, co-organisateur du congrès du Cap. L'Afrique du sud est le pays le plus touché par le sida, avec plus de 5 millions de personnes infectées.

Depuis quelques années, la communauté internationale s'est pourtant lancée dans une mobilisation sans précédent pour combattre "la plus grande catastrophe sanitaire de l'Humanité", selon l'expression de l'OMS. En 2007, dans le monde, 33 millions de personnes vivaient avec le VIH, dont 22 millions en Afrique subsaharienne, rappelle Libération. Chaque année, la maladie fait plus de 2 millions de victimes. Environ 3 millions de personnes dans les pays pauvres reçoivent un traitement contre le sida, mais 7 millions attendent encore d'avoir accès aux médicaments de première ligne, selon l'ONG Médecins sans frontières. "Nous manquons de ressources pour répondre aux objectifs que nous nous sommes fixés et par rapport aux demandes des pays", déplore le directeur du Fonds mondial contre le sida. "Tous les programmes que nous avons lancés sont financés pour 2009. Mais, il va nous manquer 3 milliards de dollars pour 2010, pour simplement couvrir les engagements", précise-t-il.

Acam : dernières discussions
La réunion de fin de concertation sur la fusion des autorités de contrôle des banques et des assurances, prévue aujourd'hui avec la ministre de l'Economie, a été reportée de quelques jours, selon Le Figaro-Economie (page 25), pour qui "le projet est près d'aboutir". Dans le schéma qui se dessine, la supervision des banques et des assurances serait confiée à une autorité unique, chargée de contrôler "que chaque acteur obéit au cadre réglementaire international de son secteur". Cette structure serait hébergée à la Banque de France et présidée par son gouverneur, Christian Noyer. Pour le Figaro Economie, "les assureurs sont sur la réserve. Ils craignent de perdre leur autonomie dans ce rapprochement. De fait, ils entendent mettre à profit les quelques jours dont ils disposent encore pour défendre leurs spécificités". Principal point d'achoppement : la future tutelle des assureurs sera-t-elle dotée de la personnalité morale, comme le réclament ces derniers ?

Le travail du dimanche au Sénat
Après un vote serré, mercredi dernier à l'Assemblée, la proposition de loi sur le travail dominical, toujours très controversée, du député UMP, Richard Maillé, est examinée à partir d'aujourd'hui par les sénateurs, indique Libération (page 12). Quelque 137 amendements ont été déposés. Au total, selon l'élu UMP, 150.000 salariés seraient concernés par le projet, qui s'applique dans tous les commerces situés dans les "périmètres d'usage de consommation exceptionnelle" (Puce), c'est-à-dire une vingtaine de zones commerciales situées près des métropoles de Lille, Marseille et Paris, précise La Tribune (page 4). Elle concerne également les communes et zones frontalières et touristiques, comme les stations balnéaires ou de sports d'hiver. Les grandes surfaces alimentaires sont exclues du dispositif, afin de ne pas concurrencer le petit commerce. Pour Isabelle Debré (UMP), rapporteur du texte, le projet de loi offre des garanties supplémentaires aux salariés. "Il autorise le travail du dimanche exclusivement sur la base du volontariat et oblige à la négociation sociale pour en fixer les modalités", assure-t-elle dans La Croix (page 8). Le président de la République et le gouvernement espèrent finir la session parlementaire sur un double succès : l'adoption de la loi sur le travail dominical et celle d'Hadopi 2, contre le téléchargement illégal sur Internet, souligne La Tribune. Selon le quotidien économique, le chef de l'Etat devrait clore la "séquence politique" par un mini-remaniement ministériel qui serait annoncé lors du dernier Conseil des ministres, le 29 juillet.

John Sutton