Le programme de l’Education remis en question

Même si le programme de la prochaine rentrée scolaire est déjà élaboré, le ministre de l'Education nationale de la nouvelle majorité va certainement le modeler à sa façon. Le Parti socialiste planche déjà sur ce sujet, nous apprend Le Monde (page 11). Depuis plusieurs mois, précise le quotidien, l'équipe du "Monsieur Education de la campagne du PS", Vincent Peillon, travaille sur plusieurs mesures prêtes à être mises en œuvre dès septembre.

Pour la nouvelle majorité, la "première urgence" est de mettre un terme aux évaluations des élèves du primaire, "parce qu'elles mélangent tout", observe le conseiller PS à l'éducation, et aussi parce qu'elles apparaissent comme un mode de sélection précoce. Dès lors, dans la circulaire de rentrée qui a été distribuée aux établissements il y a quelques semaines, le paragraphe qui concerne ces évaluations est déjà périmé.

François Hollande souhaite également revenir sur la suppression des 14.000 pos­tes d'enseignants prévue pour la rentrée par le précédent gouvernement. Vincent Peillon, note Libération (page 16), a déjà annoncé "1.000 postes supplémentaires pour le primaire à la rentrée, et le recrutement de 2 000 assistants d'éducation (surveillants)."

Au cours de sa campagne, rappelle le journal, le nouveau président de la République a déclaré vouloir créer 60.000 pos­tes en cinq ans. Or, en raison d'une crise de vocation et aussi compte tenu de la réforme de la formation des enseignants, "on risque de manquer de candidats", estime Libération. Le PS a donc eu l'idée de recruter parmi les 3.000 can­didats recalés à l'oral du concours du professorat, mais qui ont un bon niveau. Ainsi, près de 1.000 enseignants seront embauchés "en urgence pour donner un peu d'oxygène aux zones difficiles", note Le Monde. Selon le quotidien, l'équipe de Vincent Peillon "travaille à mettre en place un dispositif permettant d'offrir aux nouveaux titulaires plusieurs centaines d'heures de formation avant qu'ils ne prennent leur classe".

Concernant les rythmes scolaires, ob­serve Libération, la question sera soulevée avec les syndicats, qui "aspirent à de profondes réformes après le bilan du sarkozysme" jugé "désastreux". Toutefois, sur tous ces points, "les visions divergent" entre les centrales, et la tâche du futur ministre de l'Education nationale "s'annonce délicate".

L'Apa, une charge pour les départements
Selon les dernières statistiques publiées par le ministère du Travail, le nombre de bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie (Apa) a augmenté de 2% en un an. Fin 2011, 1,2 million de personnes âgées dépendantes touchaient ainsi cette allocation versée par les départements.

Dans le détail, explique le quotidien économique, 721.000 des bénéficiaires résident à domicile et 478.000 sont hébergés dans un établissement. Compte tenu de ces chiffres, remarquent Les Echos (page 6), "les finances sociales des départements n'ont pas fini d'être dans le rouge".

Face à cette croissance, 34 directeurs généraux des services départementaux ont récemment publié un texte intitulé "L'action sociale, boulet financier ou renouveau de la solidarité". Selon ce document, "l'Etat ne couvre que 28% de cette dépense alors que les critères d'attribution sont fixés au niveau national de manière à éviter toute discrimination". Ainsi, en 2011, les départements ont dépensé 5,4 milliards d'euros pour l'Apa, alors que l'Etat n'en avait investi que 5,1 en 2010.
Frédéric Lavignette