Le nombre de bénéficiaires de la CMU en hausse

Situation économique oblige, le nombre de bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU) complémentaire n'est pas prêt de diminuer, préviennent Les Echos (page 4). Au 30 avril dernier, cette prestation concernait 4,22 millions de personnes, soit 0,9% de plus qu'au 31 décembre 2008, selon le Fonds de financement de la CMU.

Si cette hausse est assez limitée, constate le quotidien économique, "elle est néanmoins emblématique, car le nombre de bénéficiaires était en recul constant depuis mai 2007". Il faut dire que cette époque correspondait à une "période de forte croissance économique et de recul du chômage".

Depuis, la crise est passée par là et le nombre détenteurs de la CMU augmente à mesure que le chômage évolue, "mais avec un décalage de plusieurs mois". Comme le remarque en effet le journaliste Vincent Collen, les revenus des personnes qui ont perdu leur emploi "ne reculent pas forcément beaucoup dans un premier temps". En outre, le calcul des droits s'effectue sur les douze derniers mois de revenus. "L'effet chômage peut donc mettre du temps à être pris en compte."

Selon le Fonds, les nouveaux bénéficiaires de la couverture maladie universelle ont un profil spécifique. Ce sont des personnes dont les emplois étaient les plus précaires, en contrat à durée déterminée (CDD) ou en intérim. Et "dans les mois à venir, on verra progressivement arriver les personnes victimes des plans de licenciement massifs qui ont eu lieu depuis l'automne", rapportent Les Echos.

Comment financer 50 milliards de déficit ?
Les commissions des Affaires sociales et des Finances du Sénat sont actuellement en pleine réflexion : elles s'interrogent sur la meilleure façon d'opérer afin de soulager la Sécurité sociale de son déficit cumulé, évalué à 50 milliards d'euros pour 2009-2010.

Les deux commissions optent "pour le transfert de cette dette à la Caisse d'amortissement de la dette social", solution pour le moment écartée par le gouvernement, indiquent Les Echos (page 3). De son côté, Bercy souhaite que les nouveaux déficits restent "provisoirement à l'Acoss, la banque de la Sécurité sociale". Pour le rapporteur général de la commission des Affaires sociales, le sénateur UMP Alain Vasselle, cette option n'est pas concevable, car "l'Acoss ne pourra durablement financer ces déficits par des ressources de trésorerie".

"A moyen terme, souligne le quotidien économique, les sénateurs s'opposent à une reprise de la dette sociale par l'Etat", privilégiant plutôt le prolongement de la durée de vie de la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades). Toutefois, celle-ci ne devrait pas se faire sans difficulté. En effet, "de par une loi organique votée en 2005, tout transfert doit s'accompagner d'une augmentation des recettes de la Cades (...) afin de ne pas allonger sa durée de vie". La fin de la Cades étant programmée pour 2021, Alain Vassel estime qu'il faudrait "pratiquement un doublement" du taux de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) pour parvenir à une reprise de dette de 50 milliards d'euros en 2011.

Pour le rapporteur général de la commission des Finances du Sénat, Philippe Marini, il faudra "à la fois augmenter les recettes de la Cades et allonger à nouveau la durée d'amortissement de sa dette, afin d'éviter un effet “boule de neige” des prélèvements qui lui sont affectés".

Cancer et psychisme : aucun lien évident
La Revue d'épidémiologie et de santé publique vient de publier une synthèse de 32 études savantes qui rompt le cou à une vieille idée répandue : il n'y aurait finalement aucun lien entre cancer et choc psychique. Comme le rapporte Le Figaro du 14 juillet (page 10), "18 de ces études ne montrent aucun lien entre facteurs “psy”et risque de cancer", 6 études ne trouvent d'association significative que dans un ou plusieurs sous-groupes, et 4 enquêtes montrent même une liaison inverse pour des cancers féminins (moins de risque de cancers chez les sujets stressés).

Frédéric Lavignette