Le gouvernement, c’est maintenant !

François Hollande est devenu hier le septième président de la Ve République. "Je fixerai les priorités, mais je ne déciderai pas de tout, pour tout et partout", a déclaré le nouveau président, rapporte Le Parisien/Au­jourd'hui (page 2). "Le pouvoir sera exercé au sommet de l'Etat avec dignité et simplicité", a-t-il ajouté, soulignant que la France avait besoin "d'apaisement et de réconciliation" et d'un "Etat impartial". Autant de pierres jetées dans le jardin de son prédécesseur.

Le nouveau Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, s'installe aujourd'hui à Matignon, où il va s'atteler, en liaison avec François Hollande, à la composition de son gouvernement, annoncé en fin de journée. Au petit jeu des pronostics, Marisol Touraine est fréquemment citée pour le ministère des Affaires sociales, note Le Parisien. Manuel Valls devrait s'imposer à l'Intérieur, Pierre Moscovici au Quai d'Orsay ou à Bercy, et Martine Aubry pourrait hériter d'un vaste ministère regroupant la Culture et l'Education. Toute la journée d'hier, il a aussi été question de Laurent Fabius à la Défense ou aux Affaires étrangères, de Bertrand Delanoë à la Justice (ou Christiane Taubira ou Michel Sapin), de Cécile Duflot à l'Environnement, de Jean-Michel Baylet (ou Marylise Le Branchu) à l'Agriculture…

Agé de 62 ans, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes (Loire-Atlantique), président du groupe socialiste à l'Assemblée, va abandonner tous ses mandats, conformément aux exigences du nouveau chef de l'Etat. Presque tous les quotidiens nationaux publient une biographie du nouveau Premier ministre, qui est né à Maulévrier (Maine-et-Loire). "Racines terriennes, éducation catholique, discipline rigoureuse", ré­sume Le Monde (page 21) en une formule lapidaire. Il connaît ses premiers engagements dans les rangs du Mouvement rural de la jeunesse chrétienne (MRJC), avant de bifurquer vers le PS, au moment du congrès d'Epinay en 1971.

En 1989, il quitte la mairie de Saint-Herblain (Loire-Atlantique) pour se lancer à la conquête de celle de Nantes, qu'il emporte dès le premier tour. Le maire réveille la ville pour en faire une grande capitale régionale en misant sur la culture (la compagnie Royal de Luxe, Le Lieu unique, Les Folles journées de Nantes…) et le tramway, résument Les Echos (page 7).

En vingt-trois ans de règne à la mairie de Nantes, Jean-Marc Ayrault s'est fait quelques ennemis. Notamment parmi les écologistes qui s'opposent au projet de construction d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le Figaro (page 7) l'épingle également sur "sa condamnation, il y a plus de dix ans, pour favoritisme dans l'attribution d'un marché public". François Hollande a décidé de ne pas s'attarder sur cette "condamnation anéantie par une réhabilitation", rappelle son avocat, cité dans Les Echos (page 7). Président "normal", il a choisi "un Premier ministre tout aussi ”normal”, organisé, pudique et modeste", qui a fait "du réformisme et du réalisme économique sa marque de fabrique", souligne Le Monde.

"C'est l'anti bling bling. Jean-Marc Ayrault, c'est le Pierre Mauroy de Hollande", lance dans Libération (page 4) Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe socialiste. "Il est assez classique, pas très rock'n'roll, mais jamais dogmatique. Il se montre à l'écoute des entrepreneurs comme des syndicats", témoigne le député écologiste François de Rugy, qui fut son adjoint aux transports à la mairie de Nantes (Libération). Lorsque le candidat socialiste décrivait le profil de son futur Premier ministre, il évoquait quelqu'un "qui connaît bien le PS, qui connaît bien les députés, et qui me connaît bien". C'était donc lui, constate Le Figaro.

La MGEN résiste à un contexte difficile
La Mutuelle générale de l'Education nationale (MGEN) a présenté hier un résultat net de 19 millions d'euros en 2011, contre 71,6 millions d'euros en 2010. "L'année 2011 a été tout particulièrement chahutée pour les mutuelles", rappelle le site Internet de La Tribune (www.latribune.fr). La MGEN a donc subi de plein fouet l'augmentation de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance (TSCA), portée à 7 % depuis le 1er octobre.

Pour son président, Thierry Beaudet, le plan de rigueur de l'Etat s'est tout simplement transformé "en attaque contre les mutuelles". "Il n'y a pas un autre secteur de l'économie qui ait subi une augmentation des taxes aussi significative", dénonce-t-il. Ce qui montre, selon lui, "la solidité" de la première mutuelle française, notent Les Echos (page 26). La mutuelle, qui s'adresse aussi aux salariés extérieurs à l'Education nationale via sa filiale MGEN Filia, a indiqué qu'elle avait franchi en 2011 le cap de 3,5 millions de personnes protégées pour la première fois de son histoire.

Au sein d'Istya, un groupe qu'elle a formé avec cinq autres mutuelles de la Fonction publique, la MGEN compte continuer de développer des synergies avec les autres membres. Elles concernent "les achats, les systèmes d'information, l'actuariat, mais aussi l'offre et le conventionnement de professionnels de santé". Concernant l'élargissement d'Istya, Thierry Beaudet a annoncé qu'il avait "bon espoir" que la Mutuelle générale de l'économie, des finances et de l'industrie (Mgefi) les "rejoigne au 1er janvier 2013", rapportent Les Echos.
John Sutton