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Le financement de la dépendance en question

Au regard du bilan démographique 2009 publié hier par l'Insee, la prise en charge de la dépendance va très vite devenir un impératif, car le vieillissement de la population se confirme. "Chaque année en moyenne, les Français gagnent deux mois d'espérance de vie", rapporte Le Figaro (page 10). En d'autres termes, un enfant né en 2009 peut espérer vieillir jusqu'à 77,8 ans s'il est un garçon et 84,5 ans s'il est une fille.

Ainsi, note le journal, "la course à la longévité se poursuit, inexorablement", si­tuant la France légèrement au-dessus de la moyenne européenne. Sur notre territoire, les 60 ans et plus représentent désormais 23% de la population. De leur côté, rapporte La Croix (page 10), "les moins de 20 ans augmentent aussi, grâce aux nombreuses naissances de ces dernières années, pour atteindre 24,7% de la population".

A cette augmentation de l'espérance de vie s'ajoutent d'autres effets, note Le Monde (page 3). En particulier ceux liés au baby-boom. "Les générations nombreuses de l'après-guerre, qui partent tout juste à la retraite, commenceront à at­teindre le grand âge à la fin des années 2020 : le pic de la dépendance interviendra donc dans les décennies 2030-2050", prévient le quotidien.

Dans ce contexte, le gouvernement va devoir "imaginer un nouveau système de prise en charge de la dépendance", ajoute Le Monde. C'est d'ailleurs l'une des tâches du ministre du Travail, Xavier Darcos, et de la secrétaire d'Etat aux Aînés, Nora Berra. Ils lanceront au printemps les Etats généraux de la dépendance qui permettront l'élaboration d'un projet de loi.

Reste à savoir comment financer ce défi futur, sachant que les dépenses liées à la dépendance atteignaient en 2008 19 milliards d'euros. Plusieurs pistes sont à l'étude. La première vise à renforcer la solidarité publique mais on s'interroge encore sous quelle forme : "Faut-il mettre en place une assurance dépendance publique ou réformer l'allocation personnalisée pour l'autonomie (Apa) ?", demande Marie-Eve Joël, professeure d'économie à l'université Paris-Dauphine.

Une autre piste consiste à "faire appel aux ressources familiales sous la forme d'un prélèvement sur le patrimoine, ce qui renvoie la décision de financement au sein de la famille", explique-t-elle. Troisième solution : faire appel aux assurances privées. Dans ce cas, l'Etat pourrait obliger les citoyens à souscrire une assurance, comme c'est le cas pour les automobiles.

ACP : les mutuelles choisissent leur candidat
Hier, dans un communiqué conjoint, la Mutualité Française et le Groupement des entreprises mutuelles d'assurances (Gema) ont fait connaître au gouvernement le nom de leur candidat pour occuper le poste de vice-président de l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP). Il s'agit de Jean-Luc de Boissieu, actuel secrétaire général du Gema. "Sa double qualité de professionnel éprouvé de l'assurance et d'ancien fonctionnaire lui confère la compétence et la neutralité nécessaire pour exercer avec autorité cette importante fonction", expliquent ces deux organismes, comme le rapporte La Tribune (page 23).

Pour Les Echos (page 25), "cette candidature [...] vient donc concurrencer celle de Jean-Philippe Thierry", l'ancien président d'Allianz France (ex-AGF) particulièrement soutenu par la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). De son côté, le syndicat du contrôle de l'assurance réaffirme sa préférence "pour une vice-présidence confiée à un haut fonctionnaire". En clair, explique le quotidien économique, le SCA "ne veut pas d'un assureur en raison d'un risque de conflit d'intérêt potentiellement élevé, à court terme mais aussi à l'issue du mandat".

L'ordonnance de création de l'ACP doit être examinée aujourd'hui en Conseil des ministres, et "le résultat des courses devrait être dévoilé rapidement", annoncent Les Echos.
Frédéric Lavignette