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Le dépistage du cancer du sein en débat

"Le cancer du sein tue, même s’il tue moins." C’est par ce constat que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a lancé la 8e édition d’Octobre rose en faveur du dépistage organisé de cette pathologie. L’an passé, rappelle Le Monde (page 29), 2,4 millions de femmes âgées entre 50 et 74 ans, soit 52,7% de la population cette tranche d’âge, ont participé à ce dépistage. Elles ont été invitées à se rendre gratuitement chez un radiologue agréé afin d’y réaliser une mammographie et un examen clinique des seins.

Même s’il permet de détecter très tôt la tumeur, le dépistage systématique est toutefois contesté. Dans son numéro d’octobre, rapporte le quotidien, le mensuel Que choisir santé dénonce "les diagnostics erronés et les traitements inutiles". Selon le président de l’association UFC-Que choisir, Alain Bazot, la controverse existe depuis longtemps mais elle s’est s’intensifiée depuis une dizaine d’années.

"L’un des inconvénients du dépistage organisé est le surdiagnostic, explique Le Monde, c’est-à-dire la détection de petites tumeurs cancéreuses, tels que les cancers ”in situ”, qui n’évoluent pas toujours vers la maladie." Des traitements inutiles sont parfois prescrits allant jusqu’à la chimiothérapie, voir l’ablation du sein.

Même s’il est difficile d’en définir le nombre exact, entre 5% à 10% des cancers seraient issus des surdiagnostics, estime l’Institut national du cancer (Inca). Selon d’autres études, ce taux avoisinerait les 40%.

Une autre controverse met en cause l’examen lui-même. Selon certains observateurs, un cancer sur 1 000 serait en effet induit directement par la mammographie. C’est d’ailleurs pour cela que le dépistage systématique n’est pas proposé avant 50 ans, car plus il est jeune, plus le sein est sensible.

Au regard de ces constats, l’UFC-Que choisir demande le réexamen des données scientifiques par un collège d’experts indépendants. Grâce au dépistage précoce, indique néanmoins l’Inca, le cancer du sein peut être guéri dans neuf cas sur dix. Concernant les cancers avancés, relève Le Figaro (page 13), de nouvelles thérapies permettent de réaliser des petits pas qui, "associés à d’autres, peuvent modifier le cours de la maladie".

Lors de l’Esmo, le congrès européen de cancérologie qui vient de se terminer en Autriche, un traitement de nouvelle génération (le T-DM1, un anticorps couplé à une molécule de chimiothérapie) produit un allongement moyen de la vie de trois mois en comparaison à un traitement standard.

Dépassements d’honoraires : poursuite des négociations
Nouvelle séance de négociations aujourd’hui entre l’assurance maladie, les complémentaires santé et les syndicats de médecins sur les dépassements d’honoraires. Hasard du calendrier : la direction de la Recherche, des Etudes, de l’Eva­luation et des Statistiques (Drees) a publié hier une étude sur les revenus des médecins. En moyenne, indique le document, les médecins libéraux ont déclaré 97.400 euros pour 2008. Les revenus des spécialistes représentent 173.900 euros, précise Le Figaro (page 21) et celui des généralistes 76.600 euros. S’il existe des écarts allant "du simple au double", explique le ministère de la Santé, c’est "en partie par le poids des dépassements d’honoraires dans certaines spécialités", rapportent Les Echos (page 4).

Pour mettre un terme à ces pratiques et à l’approche du 17 octobre, date butoir fixée par le gouvernement pour trouver un accord sur les dépassements, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) propose l’instauration d’un "contrat d’accès aux soins", signale Le Parisien/Aujourd’hui (page 9). "Celui-ci se traduirait par une augmentation de 10 euros du tarif conventionnel des consultations et visites chez les plus de 80 ans." L’objectif est de "compenser le surplus de temps passé chez ces patients", estime le syndicat.

La CSMF réclame également une hausse des tarifs des consultations remboursées à 100%. En contrepartie, le syndicat propose le gel des dépassements d’honoraires. Selon les estimations, une telle mesure coûterait 340 millions d’euros de plus à l’assurance maladie.

Mediator® : 86% des plaintes rejetées
"Ce sont des décisions incompréhensibles." Irène Frachon, le médecin à l’origine du scandale du Mediator® est indignée. En effet, selon Le Pari­sien/Aujourd’hui (pages 2 et 3), l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam), chargé d’examiner les dossiers des victimes de cet antidiabétique, aurait rejeté 86% des demandes de malades. Sur les 831 dossiers médicaux examinés depuis 2011 par les experts, précise le journal, 712 ont été écartés, 112 ont été jugés recevables et 7 personnes ont retiré pleur plainte.

D’après l’Oniam, un tel choix s’explique par l’absence de causalité entre la prise de ce médicament commercialisé par le laboratoire Servier et les pathologies cardiaques constatées chez les malades. Quand le lien de causalité a été reconnu, les experts ont seulement retenu une "incapacité faible", c’est-à-dire limitée entre 5% et 10%.

Pour la porte-parole du laboratoire Servier, Lucy Vincent, "ces données confirment que le risque de problème valvulaire lié à la prise du Mediator® est rare et que, lorsqu’il y a un effet, il est peu important dans la majorité des cas". Comme le rappelle Le Pari­sien/Au­jourd’hui, le Mediator® , "prescrit très souvent depuis plusieurs décennies comme coupe-faim pour des cures d’amaigrissement, est accusé d’avoir provoqué 500 morts et des milliers de pathologies cardiaques".
Frédéric Lavignette.