Le déficit de la Sécurité sociale revu à la hausse

La Sécurité sociale est victime de la crise économique. Hier, au Sénat, le ministre du Budget a reconnu que "le ralentissement de la masse salariale pèse sur les recettes sociales", rapportent Les Echos (page 4). Pour 2009, le gouvernement table désormais sur une progression de la masse salariale de 2,75%, au lieu des 3,5% prévus dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009.

En conséquence, a précisé Eric Woerth, le solde du régime général sera amputé d’un milliard d’euros cette année et de quelque deux milliards en 2009. "Au lieu des 8,9 milliards prévus en 2008, le déficit flirtera avec les 10 milliards. En 2009, il se creusera à près de 11 milliards alors que le gouvernement prévoyait fin septembre, une légère amélioration, à 8,6 milliards", explique le quotidien économique. Avant d’ajouter : "La Sécurité sociale retombera ainsi à ses niveaux de 2003-2005." Face à ce manque à gagner, le gouvernement "a choisi de ne pas toucher aux dépenses", puisque leur objectif d’évolution reste fixé à 3,3% pour 2009.

Plus globalement, c’est l’ensemble du budget de la France qui est revu à la baisse. En raison de la chute de la croissance, les prévisions économiques qui fondaient ce budget sont "caduques", explique La Tribune (page 4). Le ministère de l’Economie table désormais "sur une hausse du PIB en 2009 comprise entre 0,2% et 0,5% au lieu de 1%". "Jamais un gouvernement en France n’avait retenu une prévision aussi basse et jamais des hypothèses macro-économiques n’avaient été réajustées moins de deux mois après la présentation du budget", commentent Les Echos. Le déficit public devrait donc atteindre 3,1% du PIB en 2009, au lieu des 2,7% espérés jusqu’alors, note Le Figaro-économie (page 20).

Taxes sur les mutuelles : les "fausses justifications" du gouvernement
Le directeur général de la Mutualité française était hier l’invité de Jean-Jacques Cros pour "En 3 mots", à 19 h 50, sur France 3. Daniel Lenoir a été interrogé sur la taxe instaurée sur les complémentaires santé. Il a une nouvelle fois "démonté" l’argumentaire du gouvernement, en dénonçant de "fausses justifications". Concernant le prétendu "trésor de guerre" des mutuelles, Daniel Lenoir a expliqué que "les réserves sont nécessaires pour l’exercice" du métier des mutuelles, car elles leur "permettent de garantir leurs engagements". Ces montants "sont dans (leurs) comptes, il n’y a pas d’argent caché !", a-t-il ironisé.

Le second argument avancé par le gouvernement porte sur la part croissante des patients en affection de longue durée (ALD). Leur prise en charge à 100% par la Sécurité sociale se traduirait par des "économies" pour les mutuelles. La taxe ne serait donc qu’un juste "reversement". "C’est faux, réplique Daniel Lenoir. Notre part a augmenté de 0,3 point" dans la consommation de soins et de biens médicaux entre 2004 et 2007, a t-il indiqué. Pour finir, le directeur général de la Mutualité française s’inquiète de l’aggravation du déficit de la Sécurité sociale en 2009. "Il y a de fortes chances pour que la croissance ne soit pas au-dessus de 0,2% à 0,5%. Mathématiquement, il y aura moins de recettes que prévu."

Milène Leroy

et Jean-Michel Molins