Le décret sur la moralisation des relations entre labos pharmaceutiques et professionnels de santé est paru

A l’occasion de la parution aujourd’hui au Journal officiel du dé­cret d’application de la loi rendant obligatoire la publication des liens entre les laboratoires pharmaceutiques et les professionnels de santé, Le Parisien/Aujour­d’hui (page 9) publie une longue interview de la ministre de la Santé. "Le but est de moraliser les relations entre les industriels et le monde de la santé, explique Marisol Touraine. Les Français ont besoin de confiance dans les médicaments. (…) Pour la rétablir, il faut de la transparence."

Quels sont les professions concernées par ce décret ? Il s’agira de "l’ensemble des acteurs, c’est-à-dire les médecins, les pharmaciens, les professions paramédicales (kinésithérapeutes, etc.), les associations de malades, les établissements de santé ou encore les journaux spécialisés", précise la ministre.

Quels sont les avantages visés ? "Tous ceux d’une valeur égale ou supérieure à 10 euros TTC. Tout devra être rendu public, leur montant et leur nature : repas, congrès, voyages, déplacements, etc.", explique Marisol Touraine.

Les conventions signées entre les laboratoires et les professionnels de santé devront également être rendues publiques. "Ces informations seront, à terme, centralisées sur un site Internet unique, afin de ne pas éparpiller l’information et la rendre plus lisible", poursuit Marisol Touraine. En cas de fausse déclaration, les amendes pourront atteindre 45.000 euros.

Alors que la loi a été votée en décembre 2011, pourquoi avoir attendu si longtemps pour publier le décret d’application ? interroge Le Parisien/Au­jourd’hui. "Nous avons dû tout repren­dre de zéro. Xavier Bertrand (le pré­cédent ministre de la Santé et auteur de cette loi, NDLR) n’avait pas envisagé de tout centraliser sur une seul site", souligne Marisol Touraine.

Conférence sociale : pas de financement de la protection sociale
Le Premier ministre reçoit ce matin patronat et syndicats pour "caler l’organisation et les thèmes" de la conférence sociale des 20 et 21 juin prochains, à l’issue de laquelle le gou­vernement communiquera sa prochaine "feuille de route" sociale, explique-t-on à Matignon. La conférence sociale abordera six thèmes : retraites, santé au travail, emploi-formation, filières d’avenir, services publics et Europe sociale.

Toutefois, en dépit des demandes, notamment patronales, il n’y aura pas de table ronde sur le financement de la protection sociale, thème qui fait l’objet d’un rapport du Haut Conseil créé à cet effet, soulignent Les Echos (page 2). Cette rencontre préparatoire, baptisée "conférence de méthode", "permettra à chaque organisation de se positionner sur les différents thèmes et de faire apparaître les points d’accord et de désaccord", indique Matignon.

La lutte contre le chômage et le bilan des premiers dispositifs en faveur de l’emploi seront au centre des débats. "On y parlera retraites, mais le cœur du sujet sera vraiment l’emploi", explique-t-on au ministère du Travail, comme à Matignon. Les échanges "porteront sur la relance de notre économie, nos investissements, l’emploi", précise le Premier ministre. Pour Les Echos, "le dossier le plus attendu et le plus explosif reste toutefois celui des retraites", qui feront l’objet d’une réforme prévue à l’automne.
John Sutton