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Le coût des consultations perdues

Chaque semaine, les médecins voient entre 6 et 8 de leurs consultations annulées parce que leurs patients ne viennent pas. C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée auprès des 1 900 praticiens libéraux de Franche-Comté et dont rend compte Le Pari­sien/Aujourd'hui (page 10). 

Au total, explique l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) à l'origine de l'étude, ces deux heures hebdomadaires perdues représentent 500.000 rendez-vous annuels, "soit l'équivalent du temps de travail de 137 spécialistes et 60 généralistes".

Si ces chiffres étaient rapportés par extrapolation à l'échelon national, on compterait quelque 28 millions de consultations perdues, indique le quotidien. Soit, "l'équivalent de 8 433 médecins travaillant pour rien", un manque à gagner pour eux de 742 millions d'euros et une inévitable désorganisation des soins.

Afin d'éviter ces abus, certains réclament des "mesures répressives, comme d'imposer aux patients le paiement des rendez-vous manqués". A l'heure actuelle, rien ne les oblige à payer la consultation à laquelle ils ne se sont pas rendus. Le président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Michel Chassang, est un partisan de la "ma­nière forte", souligne Le Pari­sien/Auj­ourd'hui.

Dans un entretien, le représentant du premier syndicat de médecins libéraux en France estime en effet que "s'il y a des abus, il faut sanctionner". Pour lui, ce comportement est le signe d'un "manque de respect" qui va "de pair avec la violence qui augmente contre les médecins". Faire payer ces consultations serait à ses yeux une bonne solution. "Quand on achète un billet d'avion et qu'on annule, on paye !, fait-il valoir. Un médecin serait moins respectable qu'une compagnie d'aviation ?"

Un compte-temps pour la pénibilité
La conseillère d'Etat Yannick Moreau doit remettre demain au Premier ministre le rapport qui doit servir de base à la prochaine réforme des retraites. Parmi les pistes qu'elle y développe, l'une concerne la pénibilité, conformément aux souhaits du gouvernement.

"Soucieux de présenter une réforme des retraites de gauche", l'exécutif a en effet voulu "atténuer les mesures forcément difficiles à faire accepter qui seront prises par ailleurs : allongement de la durée de cotisation, pénalisation probable du niveau de vie des retraités…", indiquent Les Echos (page 7). D'où l'idée de cette mesure phare qu'est le "compte- temps", destiné aux salariés exposés à des conditions de travail pénibles.

Ce dispositif, explique le quotidien, permettrait au salarié qui s'expose pendant un certain temps à des produits toxiques ou au travail de nuit d'accumuler des droits sur un compte, droits qu'il consommerait de trois façons différentes.

L'une d'elles consiste à sortir du travail pénible par le biais d'une formation qui le réorienterait sur un nouveau poste. Une autre vise à réduire son activité en passant au temps partiel, et la dernière l'autorise à avancer son âge de départ à la retraite. Sur le principe, les syndicats et le patronat ne semblent pas hostiles, souligne Vincent Collen dans Les Echos.

Certains points restent toutefois à éclaircir. Par exemple sur les facteurs d'exposition à retenir (travail de nuit, exposition aux produits cancérigènes, port de charges lourdes, tâches répétitives…) et sur la compensation exacte qui pourrait y correspondre.

Autres questions soulevées, mentionnées par Les Echos : quid des salariés très proches de la retraite ? Et quel est l'impact budgétaire de cette mesure qui concerne potentiellement une large population ?

Frédéric Lavignette