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Le coronavirus sous surveillance

Un second cas de patient atteint du coronavirus (NCoV) a été confirmé dans la nuit de samedi à dimanche par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Après un premier malade français, de retour des Emirats arabes unis et actuellement en réanimation au CHRU de Lille (Nord), il s'agit d'"un patient d'une cinquantaine d'années qui avait partagé, fin avril, la chambre du premier malade" à l'hôpital de Valenciennes, expliquent Les Echos (page 5). En conséquence, indique Le Figaro (page 8), "la transmission d'homme à homme est confirmée".

Bien que très attentifs à la situation, le ministère de la Santé et les chercheurs se veulent rassurants et rejettent l'idée d'une épidémie en France. "En effet, écrit Libération (page 10), parmi les 124 personnes qui ont été en contact avec le premier malade revenant de Dubaï, une seule s'est révélée porteuse du virus." De surcroît, ajoute dans Les Echos le Pr Benoît Guéry, chef du service d'infectiologie du CHRU de Lille, ce coronavirus "circule depuis plus d'un an et on a 34 cas dans le monde".

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a tout de même invité les pays du monde entier à accroître leur vigilance puisque, depuis septembre dernier, 18 décès ont été enregistrés. "Il est cependant impossible d'en déduire un taux de mortalité, car certains sujets ont pu être contaminés faiblement et ne présenter que de vulgaires symptômes grippaux", nuançait hier, dans Le Journal du dimanche, Didier Raoult, chef de l'unité des maladies infectieuses de Marseille.

Souvent comparé au Sras pour sa virulence, le NCoV s'en distingue néanmoins par la faiblesse de sa transmission. La vigilance s'impose toutefois, car "il n'existe pas de traitement spécifique", mentionnent Les Echos. Un "dispositif spécifique avec le renfort d'équipes dédiées" a donc été déployé en France pour éviter une éventuelle contamination. L'Institut de veille sanitaire (InVS), pour sa part, a lancé depuis le 7 mai une enquête épidémiologique.

Un numéro vert a par ailleurs été mis en place la semaine dernière et des conseils (se laver les mains régulièrement, éviter le contact avec des animaux…) vont être prodigués dans les aéroports aux voyageurs à destination de la péninsule arabique.

Antibiotiques à l'abandon
Lors du dernier congrès de la Société européenne de microbiologie clinique et des maladies infectieuses, qui s'est tenu à Berlin, les scientifiques n'ont pas caché leurs inquiétudes : de moins en moins d'antibiotiques sont disponibles pour faire face aux maladies infectieuses.

Cette raréfaction s'explique par le fait que "les antibiotiques cumulent les handicaps", écrivent Les Echos (page 19). En effet, du point de vue des industriels, "ils ne sont pas rémunérateurs, les nouvelles molécules sont difficiles à trouver et les exigences réglementaires conçues pour les autres médicaments ne sont pas adaptées aux particularités des antibiotiques".

De plus, les traitements antibiotiques sont pénalisés parce qu'ils sont géné­ralement donnés au patient pour une courte durée et que beaucoup sont au­jourd'hui remplacés par des génériques. En outre, ajoute le quotidien économique, "quand un nouvel antibiotique arrive sur le marché, on en restreint l'emploi pour retarder le plus possible l'apparition de résistances (qui se développent avec l'usage du produit)".

Craignant de ne pouvoir compter sur des bénéfices durables, les laboratoires, et notamment les plus grands, hésitent désormais à s'engager dans la recherche et la production. Selon une enquête publiée par la Société américaine des maladies infectieuses, alors que 16 produits avaient reçu le feu vert des autorités sanitaires américaines pour la pé­riode 1983-1987, ils ne sont plus que 2 pour la période 2008-2012. Or, les maladies infectieuses sont toujours là et représentent la deuxième cause de mortalité dans le monde.
Frédéric Lavignette