Le budget de la Sécu 2010 décrié

En 2010, les professionnels de santé devront être économes. Ou tout au moins peu dépensiers. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui sera présenté demain, propose que la hausse des dépenses de l'assurance maladie se limite à 3% l'an prochain Si cet objectif était tenu, soulignent Les Echos (page 2), "il s'agirait du taux de progression le plus faible jamais enregistré depuis 1999".

Les dépenses de l'hôpital et de la médecine libérale devront, quant à elles, augmenter à un rythme équivalent de +2,8% au maximum. Cette année, ces taux étaient respectivement de +3% et de +3,6%. En ce qui concerne l'objectif des dépenses des établissements pour personnes âgées et handicapées, il a été fixé à +5,8%. Il reste élevé "mais c'est un chiffre en trompe-l'oeil", rapportent Les Echos, "car il ne tient pas compte des crédits qui n'ont pas été consommés par les maisons de retraite en 2009". Si l'on prend en compte ces crédits gelés, expliquent les acteurs de ce secteur, la progression "est nettement inférieure".

Côté recettes, le gouvernement a déjà dévoilé une partie des mesures qu'il va prendre. Ainsi, le forfait hospitalier passera de 16 à 18 euros. Pour le président de la Mutualité Française, il s'agit d'une décision "absurde" car elle "pèse sur les ménages sans rien changer au système". Des propos tenus dans Le Progrès et cités par Les Echos (page 29) et Le Parisien/Aujourd'hui (page 10). L'analyse est identique concernant une autre mesure contenue dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2010 : la création d'un taux de remboursement des médicaments à 15%. Pour Jean-Pierre Davant, "nous sommes au bout d'un système en pleine dérive qui produit une dette que devront payer nos enfants et nos petits-enfants".

Nomination des directeurs généraux des ARS
C'est aujourd'hui, après leur nomination en Conseil des ministres, que la ministre de la Santé présentera les noms des 26 directeurs généraux des agences régionales de santé (ARS). Ces agences, figurant au coeur de la loi "Hôpital, patients, santé, territoire" seront "les nouvelles autorités responsables du pilotage du système de santé au niveau régional, que ce soit à l'hôpital, en ville ou dans les établissements pour personnes âgées et handicapées", rappellent Les Echos (page 3).

Pour diriger ces agences qui regrouperont les agences régionales de l'hospitalisation (ARH), les services déconcentrés de l'Etat et une partie de l'administration de l'assurance maladie, le gouvernement a "tenu à varier les profils". Comme le précisent Les Echos, les futurs dirigeants sont issus des ARH, de la sphère de la Sécurité sociale mais aussi du corps préfectoral ou du secteur privé. L'ancien ministre socialiste de la Santé et président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Claude Evin, devrait être nommé à la tête de l'ARS d'Ile-de-France. Pour diriger l'agence du Nord-Pas-de-Calais, le directeur général de la Mutualité Française, Daniel Lenoir, devrait également être désigné.

Le plan de sauvetage de la Maison de la Mutualité
La mobilisation des mutuelles aura été "décisive", soulignent Les Echos (page 29). Le journal économique évoque le plan de soutien de la Mutualité Française à la Fédération mutualiste interdépartementale de la région parisienne (FMP) et à l'Union régionale de la Mutualité francilienne (URMF) qui "entre désormais dans le concret". Citant l'Afim dans son édition du 29 septembre, Les Echos indiquent que "l'emblématique" Maison de la Mutualité, situé dans le 5e arrondissement parisien, restera bien dans le patrimoine mutualiste et que "les activités seront en outre pérennisées".
Frédéric Lavignette