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Le RSA ne fait pas recette

Le revenu de solidarité active (RSA) souffrirait-il d'une mauvaise image, au point que ses bénéficiaires po­tentiels se refusent à le réclamer ? A en croire le secrétariat à la généralisation de la modernisation de l'action publique (SGMAP), un des services du Premier ministre, de nombreux Français éligibles à cette aide n'entreprendraient effectivement pas les démarches pour la percevoir en raison de plusieurs facteurs.

Comme le rapporte Le Parisien/Au­jourd'hui (pages 2 et 3), 68% des prétendants possibles au RSA activité – celui qui est accordé en complément de quelques heures de travail – ne l'ont pas demandé en 2011, "tout comme 36% de ceux pouvant prétendre au RSA de base". Ce phénomène de non-recours semble s'être accentué depuis 2008, au point d'en inquiéter récemment la Cour des comptes.

Conséquences : sur les 2,2 millions d'euros disponibles au Fonds national des solidarités actives (FNSA) pour cette allocation, seul 1,1 million d'euros ont été utilisés. De fait, "quand il n'a pas simplement pioché dans le FNSA pour financer d'autres activités", écrit le quotidien, l'Etat a abaissé la subvention du RSA activité.

Pour autant, l'exécutif souhaite redynamiser les démarches des demandeurs en les simplifiant, conscient qu'une aide en amont est parfois moins coûteuse qu'une intervention tardive. C'est en particulier le cas pour les hébergements d'urgence qu'il est nécessaire de trouver aux personnes expulsées de leur logement faute de pouvoir payer leur loyer.

Selon une enquête menée par le SGMAP auprès de 70 non-bénéficiaires du RSA en Loire-Atlantique et en Seine-et-Marne, "la complexité administrative" et la "mauvaise communication autour du dispositif" sont de réels freins aux demandes. "Pour ceux qui travaillent un peu, il faut attendre deux mois pour obtenir le complément de RSA", ajoute Le Parisien/Aujourd'hui. De surcroît beaucoup redoutent de devoir rembourser les sommes perçues en cas de changement de leur situation.

Certains freins sont plus "psychologiques" : la peur du regard des voisins, le refus d'être assisté, par exemple. Toutes ces réticences ne sont toutefois pas exclusives au RSA, remarque le journal, puisqu'on observe la même situation "en matière d'assurance maladie, avec l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé, l'ACS, qui n'est utilisée que par 30% des personnes qui pourraient en bénéficier".

Emploi des personnes handicapées :  poursuivre les efforts
A l'occasion de la Semaine pour l'emploi des personnes handicapées (SEPH) qui débute aujourd'hui, bilans et objectifs sont évoqués dans plusieurs journaux pour constater un changement des mentalités en la matière. Une étude réalisée par le ministère du Travail montre qu'en 2011, 370.900 personnes en situation de handicap travaillaient pour des établissements de plus de 20 personnes du secteur privé. rapporte La Croix (page 11). Pour la présidente de l'Agefiph, ce n'est certes "pas assez, mais c'est mieux que par le passé, grâce aux sanctions qui ont été durcies à l'encontre des entreprises". Il n'en reste pas moins, constate le quotidien, que malgré ces efforts, les personnes handicapées constituent la catégorie de la population la plus touchée par le chômage.

Dans un entretien qu'elle accorde au Figaro (page 27), la ministre déléguée en charge des Personnes handicapées, Marie-Arlette Carlotti, rappelle les "mesures importantes" prises par le gouvernement pour favoriser l'embauche des personnes handicapées : "L'inté­gration des travailleurs indépendants handicapés dans les modalités d'accomplissement partiel de l'obligation d'emploi, l'élaboration d'un cahier des charges de la formation des managers et responsables RH, ou encore la simplification de la “reconnaissance de la lourdeur handicap”."

Avant d'obtenir un emploi en entreprise, il est évidemment nécessaire de favoriser l'accès aux études. Or, 80% des personnes handicapées n'atteignent pas le baccalauréat, contre 60% pour l'ensemble de la population, rapporte Le Parisien-économie (page 20) à partir des données de l'Agefiph.

Frédéric Lavignette