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Le PLFSS 2009 laisse sceptique

"Sécurité sociale : Eric Woerth défend un budget "réaliste", le PS dénonce une méthode Coué", titrent Les Echos (page 4). Le Parti socialiste demande, entre autres, "la remise en cause des franchises médicales et un encadrement strict des dépassements d’honoraires". La tonalité est naturellement différente du côté du gouvernement. Ainsi, le ministre du Budget et des Comptes publics, Eric Woerth, défend le "réalisme" et l’"ambition" des mesures retenues pour 2009. Elles sont destinées à réduire de 6 milliards le déficit prévisionnel de la "Sécu" établi à 15 milliards d’euros.

"Le gouvernement se fixe un objectif extrêmement ambitieux en voulant réduire l’an prochain le déficit du régime général de la Sécurité sociale, dans un contexte économique dégradé", écrit Véronique Chocron dans La Tribune (page 24). En effet, la hausse importante du chômage (41.300 demandeurs d’emploi de plus en août), soit le pire résultat enregistré depuis 1993, va provoquer un important manque à gagner pour les cotisations et aggraver le déficit des comptes sociaux.

"Le gouvernement table en partie sur des efforts de prescription des médecins. Or, les dépenses remboursées de médicaments sont toujours dynamiques et les indemnités journalières marquent une accélération depuis le début de l’année", constate la journaliste de La Tribune. Pour Libération (page 15), "Woerth taxe l’assuré pour masquer le trou de la Sécu". "Le gouvernement a multiplié les expédients pour afficher coûte que coûte un déficit en légère baisse, malgré le contexte économique." De plus, il "alourdit les prélèvements obligatoires", juge François Wenz-Dumas.

Autre jugement sévère, celui de L’Humanité (page 5). Pour le quotidien communiste, le budget 2009 de la "Sécu" n’est qu’"austérité et manoeuvres comptables". "Qu’il s’agisse d’économies ou de recettes nouvelles, elles ne dérogent pas à la logique comptable à l’oeuvre ces dernières années", écrit Yves Housson. Principale recette nouvelle : la contribution de 1 milliard d’euros des complémentaires santé. "Une charge que ces organismes répercuteront à plus ou moins court terme sur leurs tarifs, et donc, quoi qu’en dise Mme Bachelot, sur les assurés", écrit L’Humanité.

Pour sa part, Le Parisien/Aujourd’hui (page 7) évoque l’une des mesures contenues dans ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale : la pénalisation des assurés sociaux qui se rendront directement chez un spécialiste sans passer par le médecin traitant. Actuellement, l’assurance maladie ne rembourse que 50% de la consultation. L’an prochain, cette prise en charge ne sera plus que de 30%. Par ailleurs, poursuit ce journal, "le gouvernement prévoit de soumettre les actes paramédicaux, comme les séances de kiné, à des référentiels permettront de plafonner le nombre de séance".

Enfin, seule La Tribune (page 19) souligne que le PLFSS 2009 prévoit d’associer l’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (Unocam) aux négociations avec l’assurance maladie et les professions de santé.

Cinq millions de Français sans mutuelle
Comme le souligne Le Monde (page 11), 8% des Français renoncent à souscrire une complémentaire santé, principalement pour des raisons financières. Selon une enquête de l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes), réalisée en 2006, 15% des personnes vivant avec moins de 840 euros par mois n’ont pas de mutuelle et n’ont pas droit à la CMU complémentaire car elles dépassent le plafond fixé à 606 euros. "Avec des tout petits budgets, (...) les assurances et les mutuelles sont sacrifiées. Les déremboursements de médicaments et les franchises médicales ont induit l’idée que la santé coûte cher", constate Christophe Auxerre, secrétaire national du Secours populaire français. L’aide à la complémentaire, instituée en 2005, peine à trouver son public. Seules 330.000 personnes (sur les 2,5 millions concernées) en bénéficiaient fin 2007. Pour Le Monde, la taxation des mutuelles dans le budget 2009 de la "Sécu" risque encore de creuser les inégalités dans l’accès à une couverture complémentaire, si elle devait entraîner une hausse des cotisations.

John Sutton