Le Di-Antalvic® et le Propofan® vont être retirés du marché

Les médicaments contenant du dextropropoxyphène, comme le Di-Antalvic®, le Propofan ® et leurs génériques, seront retirés du marché français dans un délai de 15 mois. Cette décision fait suite à la réévaluation de ces antidouleurs par l'Agence européenne du médicament (EMEA). En cas de mauvaise utilisation, cette molécule provoque de graves intoxications pouvant entraîner un décès.

Le Di-Antalvic®, le Propofan® et leurs génériques ont gagné 15 mois de sursis. Ces médicaments contre la douleur contenant du dextropropoxyphène (DXP) associé à du paracétamol auraient déjà dû être retirés du marché français. En effet, ce retrait avait été annoncé par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) en juin 2009, suite à un avis défavorable de l'Agence européenne du médicament (EMA).

A l'époque, l'Afssaps avait donné un délai "de l'ordre d'un an" avant le retrait du DXP/paracétamol pour permettre "aux professionnels de santé d'envisager la meilleure alternative pour leurs patients". Mais cette disposition n'a été que partiellement suivie par les médecins : en 2009 près de 61 millions de boîtes ont été vendues, contre 80 millions en 2008, indique l'observatoire du médicament de la Mutualité Française, citant les données de l'institut IMS Health.

La Commission européenne (CE) a confirmé le 14 juin dernier l'avis défavorable de l'EMA. Le nouveau sursis de 15 mois accordé aux médicaments contenant du dextropropoxyphène devrait donc être le dernier. Les médicaments issus de cette association peuvent être à l'origine, en cas de mauvaise utilisation, de graves intoxications susceptibles d'entraîner la mort du patient. Ces décès peuvent survenir en cas de surdosages accidentels ou volontaires, en particulier lors de tentatives de suicide. Des pays comme la Suède ou le Royaume-Uni ont retiré ces produits du marché depuis 2005.

Parlez-en à votre médecin
Les personnes qui prennent actuellement ce traitement peuvent encore continuer à le suivre pendant quelques mois. Mais elles doivent veiller à ne pas dépasser des doses recommandées inscrites sur la notice. L'Afssaps les invite par ailleurs à en parler avec leur médecin afin de modifier le traitement, par exemple dans le cadre d'un renouvellement d'ordonnance. D'ici à la fin de l'année, elle devrait également publier des recommandations pour les médecins sur la prise en charge de la douleur. L'Afssaps demande enfin aux professionnels de santé de ne plus prescrire ces médicaments à de nouveaux patients.

L'association dextropropoxyphène/paracétamol est commercialisée en France depuis 1964. Ces médicaments antalgiques sont destinés à soigner les douleurs d’intensité modérée à intense, comme une rage de dent. Ils font partie du niveau 2 de la classification des médicaments antidouleur de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui comporte trois paliers.

Les médicaments de niveau 2 sont utilisés quand la douleur n'est pas soulagée par des produits comme le paracétamol, l'aspirine ou l'ibuprofène. Ces médicaments sont essentiellement représentés par des associations de paracétamol ou d'aspirine avec des dérivés d'opioïdes comme la codéine, le tramadol.

Philippe Rémond