Le DMP devrait voir le jour en septembre 2010

Ce serpent de mer qu'est le dossier médical personnel (DMP) va-t-il enfin voir le jour ? Si l'on en croit Jean-Yves Robin, directeur du Groupement d'intérêt public (GIP-DMP), interrogé par La Tribune (page 4), la réponse est affirmative. Une date est même avancée : celle de septembre 2010. Comme l'explique le quotidien économique, le DMP vise à "réunir toutes les informations médicales concernant le patient pour mieux coordonner les soins et éviter des actes inutiles ou redondants".

Sa mise en service sera cependant partielle. En effet, prévient le quotidien, si les professionnels de santé auront la possibilité d'ouvrir des DMP à partir de l'an prochain, "il faudra deux à trois ans pour que les hôpitaux, les médecins libéraux, les pharmaciens, une partie des infirmières et chirurgiens dentistes, soit environ 300 000 personnes, s'équipent".

Si cette date est enfin respectée, le DMP n'aura eu "que" 38 mois de retard par rapport au calendrier initial. Lancé par Philippe Douste-Blazy en août 2004, il devait être effectif en juillet 2007, avait assuré l'ancien ministre de la Santé. Mais en 2007, rappelle La Tribune, il a fallu renoncer à son instauration en raison des multiples difficultés rencontrées : "changements d'équipes et de projets, délais de mise en œuvre trop bref...". En 2008, avec Roselyne Bachelot au poste de ministre de la Santé, la finalité du DMP change d'objectif. Ainsi, "le but n'est plus de réaliser des économies mais d'améliorer la qualité des soins", explique le journal.

Aujourd'hui, tout semble désormais en ordre et Jean-Yves Robin se veut rassurant. "L'usage sera facile et fluide, pour que le service rendu au médecin soit supérieur aux contraintes que le système génère", annonce-t-il. Pour l'usager, l'ouverture de ce dossier facultatif s'effectuera chez le médecin ou à l'hôpital. Mais le médecin ne pourra le consulter sans l'autorisation du malade. Un "identifiant national de santé", autre que le numéro de la Sécurité sociale, sera attribué à chaque dossier.

L'accès au dossier par le patient se fera par Internet et devrait nécessiter la saisie de trois codes. Un appel d'offres pour choisir l'hébergeur unique de ce site a déjà été lancé. Pour les patients peu familiers avec Internet "un accompagnement via les associations de patients" est à l'étude, souligne Jean-Yves Robin.

Enfin, pour que les divers systèmes informatiques dont disposent les différents professionnels de santé puissent communiquer entre eux, le GIP-DMP a élaboré un "cadre d'inter-opérabilité avec les éditeurs de santé", précise de directeur.

PLFSS : les mesures adoptées
Les principales mesures du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) ont été adoptées hier par les députés. Il n'y a pas de grandes modifications par rapport au texte initial, explique Le Figaro (page 20). En revanche, ils ont rejeté un amendement du rapporteur du PLFSS, lequel obligeait tous les médecins actuellement en secteur 2 à pratiquer une part de leurs actes sans dépassement, indique France Info. En outre, l'Assemblée nationale a voté la taxe sur les complémentaires santé au titre de la participation à la campagne de vaccination contre la grippe A/H1N1.

"La hausse du minimum de perception concernant le tabac" a aussi été votée, rapporte La Tribune (page 4). En accord avec le ministère de l'Economie, les cigarettiers vont donc pouvoir augmenter leurs prix de 6%. En revanche, contrairement à ce que souhaitait le rapporteur du PLFSS, les députés ont renoncé à augmenter les taxes sur le tabac.

Si les débits de tabac sont satisfaits, les pharmaciens le sont aussi, souligne Le Figaro. "Lorsque leur chiffre d'affaires en médicaments remboursables dépasse un certain taux de croissance, les entreprises pharmaceutiques doivent verser des remises à la Sécu", explique le journal. Le gouvernement souhaitait que ce taux soit de 1%. Mais les députés en ont décidé autrement en le portant à 1,4%.

Frédéric Lavignette