La vaccination contre la rougeole : une priorité nationale

Le ministère de la Santé et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) organisent jusqu’au 26 avril la semaine de la vaccination. Cette année, la priorité est donnée à la lutte contre la rougeole. Tout sauf bénigne, cette maladie infectieuse est en recrudescence.

Infection parfois grave, voire mortelle, la rougeole est cette année la priorité de la semaine de la vaccination, qui se déroule jusqu’au 26 avril. Cette manifestation, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est à l’initiative, en est à sa troisième édition. Quelque 34 pays l’organisent. Dans l’Hexagone, elle est coordonnée par le ministère de la Santé et l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Son objectif : rappeler à la population l’importance de la vaccination.

La recrudescence de la rougeole est due en partie à une vaccination insuffisante : 98% des personnes atteintes ne sont pas vaccinées ou n’ont reçu qu’une seule dose de vaccin ! Négligence ? Méconnaissance des risques ? Quoi qu’il en soit, une chose est sûre : la rougeole n’appartient pas au passé et ne touche pas que les enfants, comme beaucoup peuvent l’imaginer.

Des atteintes neurologiques

En 2008, près de 600 cas ont été déclarés, soulignent le ministère de la Santé et l’Inpes dans un communiqué commun publié le 17 avril dernier. Mais ce chiffre ne reflète pas l’entière réalité, puisque plusieurs milliers de personnes ont été infectées l’année dernière, dont un tiers était âgé de plus de 15 ans.

Sur le total des malades, 19% ont dû être hospitalisés pour des broncho-pneumonies, des encéphalites aiguës ou des atteintes neurologiques consécutives à cette pathologie. Les plus touchés sont souvent les enfants de moins de 1 an et les adultes de plus de 20 ans, précisent les deux partenaires.

Pourtant, il existe un moyen très simple de prévenir cette maladie : la vaccination. Pourtant, "e pourcentage de la population française vaccinée contre la rougeole n’est pas assez élevé pour protéger l’ensemble de la population", observe le ministère de la Santé et l’Inpes. Pour permettre l’arrêt de la propagation de ce virus, une couverture vaccinale de 95% doit être atteinte.

Depuis 1986, la France recommande un vaccin triple contre la rougeole, la rubéole et les oreillons (Ror), avec une première injection à 9 mois pour l’entrée en collectivité et une seconde entre 13 et 24 mois. Pour les personnes non vaccinées, un rattrapage est possible jusqu’à 29 ans.

Martine Ciprut