La taxe carbone recalée

"La taxe carbone censurée par le Conseil constitutionnel", titre en "une" le quotidien Les Echos, qui juge que cette "annulation pure et simple", deux jours avant son application, est un "coup rude" pour Nicolas Sarkozy. Les Sages ont en effet estimé que les nombreuses exemptions prévues par la loi étaient "contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique" et créaient une "rupture caractérisée de l’égalité devant l’impôt" (Les Echos, page 3).

Selon le Conseil constitutionnel, 93% des émissions d’origine industrielle, hors carburant, n’auraient pas été taxées ! Ainsi, étaient totalement exonérés les centrales thermiques produisant de l’électricité, les émissions de plus d’un millier de sites industriels parmi les plus polluants (raffineries, cimenteries, cokeries…) et les transports aérien et routier de voyageurs.

"La taxe carbone ne verra pas le jour en janvier", regrette Le Figaro (page 3), qui estime que la décision du Conseil constitutionnel provoque "une douche froide à l’Elysée et à Matignon". "En vacances au Maroc jusqu’à ce soir, le chef de l’Etat n’aurait pas caché sa colère après avoir été informé de la décision des Sages", révèle Le Figaro. "Coup de théâtre et sérieux revers pour Nicolas Sarkozy, qui tenait à l’instauration de ce nouvel impôt", commente La Tribune à la "une". "Mesure phare du projet de budget 2010, cette “contribution carbone“ a été âprement défendue par le président Sarkozy", rappelle Le Parisien/Aujourd’hui-en-France (page 6).

De son côté, le Premier ministre a immédiatement annoncé qu’il présenterait un nouveau texte "qui tiendra pleinement compte des observations du Conseil constitutionnel", au Conseil des ministres du 20 janvier, précisent Les Echos. Par ailleurs, les Sages ont validé la fiscalisation des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale pour les accidents du travail, prévue dans le projet de loi de Finances pour 2010.

Grippe A : des millions de cas sans symptômes
"Vous avez peut-être été malade sans le savoir", alerte Le Parisien/Aujourd’hui-en-France (page 9). Des millions de personnes pourraient avoir été infectées par le virus de la grippe A/H1N1 en présentant peu ou pas de symptômes, selon une étude de l’Unité des virus émergents de l’université Aix-Marseille, publiée en ligne par le site Internet américain PLoS Currents : Influenza, et reprise hier dans Le Figaro (page 11).

Les chercheurs ont suivi l’état sérologique d’environ un millier de femmes enceintes non vaccinées contre la grippe A, lors de leur bilan initial de grossesse, explique Libération (page 10). Ils ont pu ainsi établir que 10,6 % d’entre elles présentaient des anticorps témoignant d’une infection par le virus. En admettant que le taux d’infection soit le même pour les 16,2 millions de femmes et hommes de France métropolitaine âgés de 20 à 39 ans, 1,72 million de personnes pourraient avoir été infectées récemment par le virus. Soit cinq fois plus que le nombre estimé des personnes de cet âge ayant rendu visite à leur médecin avec des symptômes de grippe clinique.

John Sutton